Contrat Crossrail : Bombardier a bénéficié d’un large soutien

Le 6 février, l'autorité organisatrice londonienne Transport for London (TfL) et le ministère britannique des Transports (DfT) ont annoncé que class= »rtejustify »>
Bombardier avait remporté le marché du matériel roulant de Crossrail, le futur « RER » est-ouest londonien. Chiffré à « environ un milliard de livres » (1,2 milliard d'euros), le contrat qui doit être signé par TfL et Bombardier porte sur la fourniture, la livraison et la maintenance de 65 nouvelles rames automotrices de neuf voitures, ainsi que sur un dépôt à établir à Old Oak Common, dans l'ouest de Londres. La signature de ce contrat, qui comprend une option sur 18 rames supplémentaires, est sujette à un délai de suspension de 10 jours.

C'est peu dire que le choix du constructeur des rames Crossrail était très attendu, car sur ce choix repose l'avenir de l'usine Bombardier de Derby, dernier site industriel ferroviaire britannique regroupant conception, ingénierie et production. Quoique actuellement occupé par la production des nouvelles rames de métro « S Stock » pour les lignes à grand gabarit de Londres, le site de Derby, qui compte 1 600 salariés, a connu une phase difficile en 2011, après la perte par Bombardier de deux grands marchés : les trains intercités IEP, remportés par Hitachi, et les automotrices Thameslink, attribuées à Siemens. La perte de ce second marché, qui avait entraîné la suppression de 1 500 postes à Derby (avant la réembauche de 200 personnes suite à la commande d'une nouvelle tranche de rames Electrostar), a pesé lourd sur la rédaction de l'appel d'offres du matériel Crossrail, favorisant les intérêts de l’industrie ferroviaire britannique.

Après le retrait d’Alstom, qui estimait ne pas pouvoir fournir un matériel roulant conforme, quatre soumissionnaires ont été short-listés en mars 2012 : Bombardier Transport, Caf, Hitachi Rail Europe et Siemens. Déjà occupé par le marché Thameslink, ce dernier s’est retiré début juillet dernier de la compétition pour Crossrail et les offres définitives des trois candidats restants ont été remises le 12 août suivant.

Les exigences en matière de localisation de l’assemblage des trains ou des « intérêts stratégiques du Royaume-Uni », ainsi que le soutien des élus locaux, des syndicats et du prince Charles à l'usine de Derby, indiquaient qu'un des trois candidats bénéficiait d'un large soutien. Et depuis le mois de décembre circulaient dans la presse ferroviaire britannique des visuels du nouveau train Aventra de Bombardier, dont les caractéristiques répondaient exactement au cahier des charges de Crossrail : 200 m de long, accueil de 1 500 voyageurs, intercirculations, climatisation…

Toutefois, le DfT nie tout favoritisme et précise que c'est sur le principe du « bon train au meilleur prix » que Bombardier a été sélectionné. Ce dernier a aussitôt confirmé que les nouveaux trains seraient construits et assemblés à Derby, où 760 emplois et 80 postes d’apprentis doivent être créés. Environ 74 % de la valeur du contrat devraient « rester dans l'économie du Royaume-Uni ». Par ailleurs, et indépendamment du choix du constructeur, la construction du dépôt d'Old Oak Common devrait créer 244 emplois et 16 postes d’apprentis. Pour la mise en service de ce dépôt, quelque 80 postes de maintenance devraient être créés.

Les premières rames Crossrail, désignées Class 345, doivent entrer en service en mai 2017 sur la relation de la gare de Liverpool Street à Shenfield, dans la banlieue nord-est de Londres. Cette relation constituera fin 2018 une des branches du réseau Crossrail, dont l'exploitant doit être choisi d'ici la fin 2014.    

Patrick LAVAL

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