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Nord-Pas-de-Calais. La directrice régionale SNCF s’en va
Odile Fagot a annoncé son départ en réunion de CE pour une destination inconnue, jeudi 20 février. C’est vraisemblablement à la suite d’un différend qui l’oppose à la région depuis novembre que la directrice régionale SNCF quitte son poste. Peu après l’annonce du gel d’un versement de 110 millions d’euros à la SNCF pour l’exploitation des TER. Un différend auquel s’ajoute, semble-t-il, l’atmosphère glaciale sévissant depuis quelques mois aussi en interne, où plusieurs conflits sociaux à très forte participation avaient révélé une réelle difficulté, voire un blocage du dialogue avec les grévistes et les associations d’usagers.
La région était en désaccord depuis la fin de l’année dernière avec la SNCF. Daniel Percheron, son président (PS), avisé par un simple courrier de la SNCF de restrictions des horaires des guichets dans une douzaine de gares avait exigé un retour aux heures d’ouverture précédentes. La SNCF avait signé, elle a persisté.
Consacrant 250 millions d’euros par an aux TER, sans compter le matériel roulant, son plus gros budget, la région estimait avoir son mot à dire. Faute de quoi, Alain Wacheux, annonçait que les deux premières tranches des versements prévus resteraient dans les tiroirs-caisses. La facture ne correspondant pas à la prestation. Pour le vice-président aux Transports : « La réduction des horaires d’ouverture des guichets n’est pas acceptable. » Cette mesure nuit non seulement à la qualité du service aux clients mais aussi à la sécurité dans des gares où la présence humaine est nécessaire. Sans parler des suppressions de postes qu’elle implique au sein de l’entreprise publique dans une région sévèrement touchée par le chômage. Ceci à l’heure où s’y ajoutent les craintes de voir aussi réduits le nombre de contrôleurs. Et des conducteurs alors en grève depuis 11 semaines sans véritables négociations sur le Valenciennois. « Nous trouvons que nous payons assez cher pour que soit introduite une notion d’intérêt public », insistait-il.
Si la SNCF fait rouler les trains de la région, vendre des billets fait partie des activités où elle estime avoir une « marge de manœuvre » avait fait savoir, quelque peu rudement semble-t-il, Odile Fagot. Ces guichets-là, arguait-elle, sont peu fréquentés en raison du grand nombre d’abonnés TER et de l’essor des achats sur le Net. Et si la région voulait plus, elle verrait grossir sa facture.
Reste que la direction régionale SNCF mettait là en œuvre la politique d’économies et de réduction d’effectifs dans laquelle s’est engagé Guillaume Pepy. Politique qui porte en partie sur les services aux clients. La réaction du Nord-Pas-de-Calais est une des premières retombées des difficultés à faire admettre ces mesures sur le terrain régional. Il en est d’autres puisque neuf régions sur 22 expriment leur mécontentement. Le 14 février, tout l’hémicycle du Nord-Pas-de-Calais, à l’approche des municipales, et sachant qu’on est à la veille de la renégociation du contrat SNCF/région 2015-2020, a réclamé d’une même voix l’audition de Guillaume Pepy sur cette question des guichets. Entre autres.
A l'annonce du départ d'Odile Fagot, donnée partante pour la future structure SNCF Réseau, la direction nationale SNCF annonçait que les négociations avec les conducteurs en grève allaient reprendre le 3 mars. Ceux-ci suspendaient leur mouvement de grève. Une indemnisation de 15 euros a été offerte aux voyageurs.
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