Votre panier est actuellement vide !
Les industriels européens du ferroviaire préparent la riposte à l’offensive japonaise
Les Japonais veulent conclure au plus vite un accord de libre-échange avec l’Union européenne, tout en négociant un accord semblable avec les Etats-Unis. Leur marché national étant assez terne, ils cherchent ailleurs des relais de croissance. Principal secteur visé : l’automobile. Le ferroviaire n’est pas le volet principal, mais il compte, et l’on voit des signes qui ne trompent pas. D’une part, le transfert au Royaume-Uni du siège de la division ferroviaire d’Hitachi. D’autre part, l’ouverture de bureaux de JR East à Paris, Londres, Bruxelles. JR East, exploitant remarquable en termes de densité de trafic et de ponctualité, pourrait bien suivre le chemin de MTR, l’exploitant du métro de Hongkong, désormais présent sur les marchés européens. On attend JR East sur des franchises ferroviaires mais aussi sur la grande vitesse, en open access. Et, dit un proche du dossier, s’ils se lancent dans l’exploitation de services ferroviaires « ce ne sera pas pour commander du matériel européen ». Un troisième dossier sur lequel on voyait venir les Japonais semble enlisé : la reprise couplée de deux entreprises italiennes, l’une considérée comme un boulet (le constructeur AnsaldoBreda), l’autre comme une perle (le spécialiste de la signalisation Ansaldo STS). Hitachi aurait jeté l’éponge. C’est un dossier que va maintenant gérer pour les Italiens Mauro Moretti, ex-patron des FS dernièrement nommé patron de Finmeccanica, le consortium actionnaire des deux entreprises, qui veut les céder pour se désendetter.
C’est dans ce contexte tendu de préparation du sommet Union Européenne-Japon de mai que les industriels européens du ferroviaire sont intervenus. D’abord par le biais d’un communiqué commun des Allemands de la VDB et des Français de la FIF qui se sont félicités le 29 avril de l’adoption par le Parlement européen d’une clause de réciprocité dans l’ouverture des marchés publics. Car il y a, considèrent les Européens, fort à faire pour ouvrir le marché japonais. Certes, Thales a remporté un contrat de signalisation, mais cette hirondelle ne fait pas le printemps. D’autant moins que le contrat n’est pas encore définitivement signé et qu’on en est encore au stade du prefered bidder. En dehors de ce marché, rien. Les Japonais sont soupçonnés d’utiliser leur clause de sécurité (Operational Safety Clause) pour fermer leur marché. Clause qui repose sur deux arguments forts : l’extrême densité des circulations au Japon, et la nécessité de maîtriser les risques sismiques. Les Japonais ont fait une ouverture, qui laisse un peu dubitatifs. Ils se proposent de changer leurs « codes de conduite », mais pas de modifier la législation.
Aussi l’Unife, la fédération européenne des industriels du ferroviaire, a-t-elle dans un communiqué du 6 mai salué un premier pas, mais jugé qu’il était insuffisant. « L’accord trouvé dans le secteur ferroviaire est une étape dans la bonne direction, mais on est encore loin des attentes de la profession », a déclaré Philippe Citroën, directeur général de l’Unife.
Laisser un commentaire