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Réseau capillaire : les opérateurs de fret s’inquiètent pour leur survie
Les entreprises ferroviaires de fret affirment que leur avenir est gravement menacé par l'absence d'engagements et investissements de la part de l'Etat et de Réseau ferré de France, sur le réseau capillaire, ces petites lignes dites 7 à 9 dans le classement UIC. Par la voix de l’Afra, l’association française du rail qui regroupe des opérateurs autres que la SNCF, ils se disent « très inquiets » et réclament des investissements pour maintenir le réseau capillaire. Selon eux, sur les 4 200 kilomètres constitués par les lignes capillaires, 1 500 km sont dans un état critique. Or, ces lignes sont cruciales pour le fret. « Si on se rapporte aux chiffres d’ECR, souligne Marc Bizien, le directeur général de la filiale française fret de la Deutsche Bahn, 2,2 % de nos trains-kilomètres circulent sur des voies 7 à 9. Mais ils génèrent 37 % de notre activité. »
Selon lui, certains secteurs sont particulièrement concernés par l’avenir du réseau capillaire : les carrières par exemple qui se trouvent souvent au bout de ces petites lignes. « Quand Frédéric Cuvillier, le secrétaire d’Etat aux Transports, a organisé des groupes de travail sur le fret ferroviaire, il y a eu unanimité dans les cinq groupes de travail sur cette question, rappelle Marc Bizien. Ce réseau est nécessaire pour la survie d’une grande partie du fret ferroviaire en France », ajoute-t-il.
En particulier, lors de son discours célébrant, le 15 mai, le millième train de céréales Cérévia-Europorte entre la Bourgogne et Port-Saint-Louis (Bouches-du-Rhône), Pascal Sainson, président d’Europorte, a « réitéré » son « appel au secours » pour la pérennité et la croissance de l’exploitation sur le réseau capillaire. Et de citer pour exemple la ligne d’Epoisses, où « on ne peut plus circuler ». Sur les bouts de « toutes petites lignes » permettant de joindre les silos, « l’Etat français nous abandonne aujourd’hui », estime le président de l’opérateur fret d’Eurotunnel, qui considère que « l’opérateur historique a quasiment abandonné ces voies depuis plus de 50 ans ».
Selon les opérateurs regroupés au sein de l’Afra, RFF estime à 300 000, voire 400 000 euros le coût au kilomètre de remise en état d’une ligne. Une évaluation surdimensionnée, affirment-ils, en précisant que les travaux de rénovation d’une petite ligne empruntée uniquement par quelques trains de fret ne nécessitent pas les mêmes travaux qu’une infrastructure sur laquelle circulent à plus grande vitesse des trains de voyageurs. Ils l’estiment de leurs côtés à 80 000 ou 100 000 euros le kilomètre. Un investissement qui pourrait de surcroît être étalé sur 8 à 10 ans.
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