Ligne Paris-Beauvais : l’heure des sanctions

La direction de la SNCF a engagé une procédure disciplinaire mi-septembre à…  

l’encontre de plusieurs agents, suite aux blocages organisés depuis deux mois et demi sur la ligne ferroviaire Paris-Beauvais. Une demi-douzaine de conducteurs ont été convoqués à Paris le 24 septembre à Paris, au siège de l’Etablissement Traction de Paris-Nord, pour s’expliquer.

En cause, leur attitude dans le cadre d’un mouvement, démarré le 6 juillet sur la liaison Paris-Beauvais, visant à protester contre la nouvelle organisation à bord des trains, prévue par la convention TER signée entre la SNCF et la région Picardie : la fin de la présence systématique d'un contrôleur à bord des TER (dénommé ASCT dans le jargon de la SNCF).

« On laisse les conducteurs seuls à bord. C’est ce qui se fait sur les lignes banlieue de type RER. Sauf que là, il s’agit de TER. Or, une expertise CHSCT réalisée par un cabinet extérieur a démontré l’existence de dangers graves sur cette ligne », explique Loris Boulogne,  membre du secrétariat fédéral CGT des cheminots de la région de Paris Nord. « Jusqu’en 2009, et même après, cette ligne a été le lieu d’incivilités et de problèmes de sûreté. Pour en venir à bout, il a fallu mettre en place tout un dispositif, dont la présence d’un, voire de deux ASCT sur certains trains. Tout cela a permis de pacifier la ligne. Aujourd’hui, on risque de revenir à la situation antérieure».

Le mouvement de protestation est organisé par une intersyndicale réunissant la CGT, FO, Sud Rail, l’Unsa et la CFDT. Il passe par le droit de retrait des conducteurs. « Au départ de chaque train, le conducteur a le droit de manifester son droit de retrait s’il estime que sa sécurité est en jeu. L’entreprise est censée faire une vraie enquête. Mais elle fait une pseudo-enquête et elle met en demeure les agents de reprendre le travail », poursuit Loris Boulogne.

Du coup, la SNCF a fait appel à des volontaires pour conduire les trains et assurer un service le plus complet possible. Des cadres traction venus d’un peu partout en France ont donc pris le relais. Aujourd’hui, 16 aller retour sont assurés chaque jour (contre 18 habituellement), rappelle la SNCF.

« C’était devenu trop tendu pour les conducteurs qui voulaient partir. Il y en a eu qui ont eu vraiment peur. Les agents en procédure disciplinaire ont eu des comportements anormaux : insultes, menaces verbales, voire physiques. Sur les 6 agents concernés, deux sont allés très loin. Il y a même eu des menaces de mort», raconte un porte-parole de la région SNCF Picardie.

Le conseil de discipline pourrait aller jusqu’à la révocation pure et simple de deux agents. « La demande de radiation des cadres de la SNCF est la sanction la plus lourde. Aujourd’hui, la direction veut faire un exemple », s’indigne Loris Boulogne qui estime que désormais « l’heure est à une vraie politique de sanction à la SNCF ».

Marie-Hélène Poingt  

 

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