« Nous devons aller chercher notre croissance ailleurs que sur Paris-Londres ou Bruxelles-Londres

Nicolas Petrovic, le directeur général d'Eurostar, estime que le train à grande vitesse qui relie Londres à Paris, d'une part, et à Bruxelles d'autre part a déjà…  

 

"fait le plein" sur ces deux destinations. Il l'explique dans une interview accordée à Ville, Rail & Transports, à l'occasion de la célébration des 20 ans d'Eurostar.

 

Ville, Rail & Transports : Quel bilan tirez-vous 20 ans après le lancement d’Eurostar ?

Nicolas Petrovic : Le bilan est très positif. Notre croissance est ininterrompue depuis dix ans. L’année dernière, nous avons transporté 10 millions de voyageurs. Cette année, notre trafic sera encore en hausse. Nous devrions avoir accueilli en vingt ans 150 millions de voyageurs. Nous avons réussi à imposer l'avantage du train sur les destinations que nous desservons. Nos clients choisissent Eurostar malgré la concurrence forte des low cost.

Aujourd’hui, cela paraît une évidence, mais lorsque Eurostar a démarré, il y avait beaucoup de septicisme, surtout côté britannique. Aujourd’hui, non seulement Eurostar est la référence sur le trajet Paris-Londres, mais nous avons réussi à attirer sur nos lignes une nouvelle clientèle qui, auparavant, n’aurait jamais pensé passer un week-end dans l’une ou l’autre capitale.

Nous avons aussi créé un nouveau marché au-delà de Londres et de Paris, qui représente une importante proportion de notre clientèle. Enfin, nous sommes allés chercher des clients en dehors de l’Europe, comme des Américains, des Chinois… Sur ce créneau, la croissance atteint +10 % par an depuis 4 ou 5 ans.

 

VRT : Qu’est-ce qui a changé avec la transformation d’Eurostar en une société ferroviaire de plein exercice en 2010 ?

N. P. : Cela nous a donné une vision globale des recettes et des coûts d’Eurostar. Cela nous a permis de dégager immédiatement des bénéfices dès 2011, puis les années suivantes. L’année dernière, nous avons ainsi enregistré plus de 67 millions d’euros de bénéfices, en hausse de 4 % comparé à 2012.

Dans les trois ans qui viennent, nous allons investir 1,250 milliard d’euros dans ce que nous appelons « l’expérience client ». D’abord en achetant des rames Siemens qui vont nous apporter 20 % de places supplémentaires. Nous allons acquérir 7 rames supplémentaires, ce qui porte notre commande totale à 17 rames. Nous avons commencé les essais de ces nouvelles rames en Belgique depuis quasiment un an et depuis six mois en France. En Grande-Bretagne, les essais ont débuté mi-novembre. La mise en service des premières rames est prévue fin 2015. Nous allons également rénover les rames existantes de notre parc.

Bien sûr, nous poursuivons nos efforts pour améliorer le service client. Nos  investissements vont notamment porter sur les gares, en particulier à Paris Nord, à Lille, Bruxelles et Londres. Et nous investissons beaucoup dans une nouvelle plateforme digitale. Nous avons par exemple doté toutes nos équipes à bord d’Ipad. Ces investissements doivent nous préparer aux 20 prochaines années.

VRT : Quelles sont les perspectives de développement ?

N. P. : Sur Londres-Paris ou Londres-Bruxelles, nous avons déjà atteint le maximum de ce qu’on peut faire. Nous devons aller chercher notre croissance ailleurs. Au 1er mai 2015, nous lançons une nouvelle liaison Londres-Lyon-Avignon-Marseille. Puis, fin 2016, une desserte directe Londres-Amsterdam. Cette ligne représente le plus gros marché aérien en Europe. Nous voulons prendre des parts de marché. Et créer de nouvelles routes car il y a un potentiel de croissance important.

propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

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