Le BHNS grand gagnant du 3e appel à projets

Plus de 950 km de lignes mises en service ou améliorées, c’est le total cumulé des projets retenus dans le 3e appel à projets “Transports collectifs et mobilité durable“…

Ça semble énorme, mais on est toutefois encore loin des ambitions grandioses du Grenelle, qui prévoyait la construction de 1500 km de tramway d’ici à 2020. Car dans ce quasi millier de km, le héros n’est pas le tram (qui cumule 81 km), mais bien le bus, avec 811 km de BHNS ou de bus « amélioré ». Mais qu’importe, la promesse est tenue, même si l’enveloppe de 450 millions d’euros arrive avec un an de retard. La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal a reconnu que les attentes étaient « fortes », et qu’il y a avait eu « des doutes au moment où nous avons dû suspendre l’écotaxe ».C’est en effet avec son produit que l’Etat devait abonder les actions en faveur de la mobilité durable, via le budget de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France(Afitf). C’est finalement avec le vote « dans le budget des 4centimes de diesel », que l’Afitf recevra 1,9 milliard d’euros en 2015.

Au total, 99 des 120 candidatures ont été retenues par un comité de pilotage sous l’égide du Gart. Des projets représentant 5,2 milliards d’investissements et touchant 54 BHNS et réorganisations de bus ; 15 tramways, 4 métros, 4 transports par câble, 3 par voie maritime, 6 parcs à vélos et 13 projets de mobilité durable (billettique, modes doux, centrale de mobilité etc.) A noter que 110 millions d’euros sont fléchés sur des projets en politique de la ville. « Les dossiers disqualifiés l’ont été soit par manque d’intérêt en terme de développement durable ou de mobilité urbaine, soit par défaut d’innovation »,a précisé le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, ajoutant que le ministère n’avait pas touché un iota aux choix du comité. Une des raisons pour lesquelles le Gart s’est déclaré satisfait de l’annonce, qui vient concrétiser un « lobbying opiniâtre ».Malgré le grand nombre d’opérations retenues, « les projets de tram seront subventionnés à hauteur de 15 % environ, c’est du même ordre que lors des deux précédents appels à projets », a-t-on calculé chez les élus.

Ces financements permettront aussi de relancer les filières du BTP et de l’industrie. L’Etat en espère 50 000 emplois à court terme, puisque pour recevoir les subsides, les collectivités devront avoir engagé 25 % du montant des travaux avant le 31 décembre 2017. Soutenues pour leur adaptation aux contextes locaux, les initiatives retenues sont d’ampleur très variable : de 110 000 euros (parc à vélos de Thionville) à 420 millions d’euros (prolongement de la ligne B du métro lyonnais). Les plus grosses subventions iront notamment à Lyon avec 50,2 M€ pour 7 projets ; Toulouse (33,8 M€ et 4 projets) ; Lens (30 M€ à 3 BHNS) ; Marseille (29,9 M€ pour un prolongement de tramway) ou encore à Angers (25 M€ pour sa ligne B de tram).

Alain Vidalies a par ailleurs rappelé qu’un des critères est « une sorte d’équilibre dans le temps »,si bien que les agglomérations bénéficiaires de 2014 ne sont pas celles de 2009 et 2011. Il estime que 10 % environ des projets qui avaient été retenus lors des deux précédentes éditions n’ont finalement pas été menés à terme. S’agissant des TCSP, les agglos peuvent aussi se tourner vers les prêts croissance verte de la Caisse des dépôts, soit 5 milliards au taux de 1,75 %, disponibles depuis septembre. Il n’empêche, il faut « poursuivre l’effort engagé », estime le Gart, qui réclame déjà le lancement du 4e appel à projets dans les deux prochaines années. « Ce n’est pas d’actualité pour l’instant », a sobrement répondu Alain Vidalies.

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