« Le Régiolis et le Regio 2N doivent être retenus pour les TET »

 

Jacques Auxiette, président de la commission Transports de l’Association des régions de France (ARF) affirme, dans une interview à Ville, Rail & Transports, que l’ARF est d’accord pour déterminer un socle de grandes lignes  

qui pourraient s’appeler trains Intercités. Dans le même temps, le  président PS des Pays-de-la-Loire réclame une réelle politique d’aménagement du territoire et d’égalité de la mobilité des citoyens.

 

VRT : Un rapport sur les trains d’équilibre du territoire dévoilé par Ville Rail & Transports recommande de supprimer des lignes de TET, d’en transformer certaines en TER ou encore de recourir à la route pour diminuer les coûts (voir notre Lettre n° 55). Les régions sont-elles prêtes à accepter ces transferts ?

J. A . :Que la Cour des Comptes, à partir de l’analyse de chiffres, puisse attirer l’attention sur des surcoûts, sur les responsabilités des uns et des autres, en donnant son expertise, est légitime. Mais que ce soit la Cour des comptes qui dise, sur un sujet comme celui-ci, quelle politique il faut mettre en œuvre, me paraît être une dérive du fonctionnement des institutions. La Cour des Comptes est une institution nécessaire. Mais elle ne peut se substituer aux élus : ce ne sont pas à quelques experts de s’exprimer mais au Parlement de déterminer quelle doit être la politique ferroviaire française.

Cela montre surtout que l’Etat et les gouvernements successifs n’ont pas assumé une politique d’aménagement du territoire en matière de transport ferroviaire. Du coup, on est obligé de passer par la cour des comptes et par la commission Duron.

Or, à l’ARF, nous sommes d’accord sur un constat : il n’est pas possible de lancer des LGV partoutpour desservir la totalité du territoire national. Mais il faut tout de même des services grandes lignes pour assurer la mobilité sur le territoire national. Il faut une réelle politique d’aménagement du territoire et d’égalité de la mobilité des citoyens.

Nous avons déjà clairement indiqué que l’ARF est d’accord pour déterminer un socle de grandes lignes qu’on pourrait appeler des trains Intercités. Mais nous nous sommes vite aperçus que ceux qui pilotaient le dispositif n’étaient pas le ministère des Transports mais Bercy. Et qu’ils ont un seul objectif : que ces trains ne soient financés ni sur le budget de la SNCF ni sur celui de Bercy.

Nous sommes prêts à accepter que certains trains soient considérés comme interrégionaux et donc sous la responsabilité des régions. Mais il faut aussi maintenir des services grandes lignes, c’est de la responsabilité de la Nation : celle-ci doit mettre en œuvre une politique d’aménagement du territoire. Nous avons désigné un groupe de régions, qui est l’interlocuteur de la commission Duron, pour réfléchir aux principes qui doivent guider la réflexion.

Le débat sur les futures grandes régions va faciliter le travail de Bercy car il faudra examiner les conséquences financières des évolutions. Si des TET deviennent des TER, il faudra évidemment des transferts financiers. Et si demain les TET nouvelle formule ne s’arrêtent pas autant qu’ils s’arrêtent aujourd’hui et se distinguent vraiment des TER, il faudra aussi évaluer les éléments de compensation économiques et financiers.

Mais, et c’est ce qui me semble le plus important, il faut qu’il y ait enfin une réflexion sur l’aménagement du territoire français. Et que ce débat se fasse devant le Parlement.

Enfin, s’agissant du matériel, alors qu’il y a des velléités à propos du lancement d’un appel d’offre pour acheter du matériel, nous pensons que le Régiolis et le Regio 2N adaptés par les constructeurs, doivent être retenus dans le futur pour les dessertes des lignes TET.

Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Jacques Auxiette dans Ville, Rail & Transports du mois de mars (n°573)

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *