Pour Keolis le digital fait partie du cœur de métier

Si l’ADN de la marque Keolis, « c’est la sécurité », rappelle son président Jean-Pierre Farandou, le groupe se dote « d’un gène supplémentaire, celui de l’innovation et du digital car c’est ce qui en fera une marque mondiale ». Au-delà de cette ambition, le groupe a décidé de mettre la gomme sur la mobilité numérique et crée une filiale dédiée qui investira 30 millions d’euros sur trois ans. Cette entité de 600 personnes, dirigée par Nicolas Furgé, un ancien d’Alstom et d’Orange Business Services, et dont la marque est encore en cours de définition, s’attend à un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. Organisée en cinq business units – études, conseils et AMO, solutions digitales, solutions métiers, service opérationnel – elle deviendra le bras armé de la commercialisation de tous les produits maison développés en marque blanche, et en particulier du dernier compagnon de mobilité lancé en janvier à Montargis et Lens, et le 14 avril par Transpole à Lille. En septembre, il sera déployé à Orléans, Bordeaux, Brest et Lorient. Points forts : le temps réel, la multimodalité, les alertes personnalisées, le prédictif pour les véhicules en libre service.

Fil conducteur de cette politique : « proposer une expérience de mobilité connectée, innovante, proche des gens et adaptée à chaque territoire », poursuit Jean-Pierre Farandou, un patron qui se dit « convaincu que le digital est devenu le cœur de métier ». L’offre de solutions est donc à géométrie variable, afin de s’adapter aux contextes et souhaits des AO et réseaux. La gamme des assistants de mobilité s’appuie sur la technologie Navitia (recherche d’itinéraire) développée par la filiale Canal TP. Son directeur général, Guillaume Crouïgneau, rappelle sa démarche d’open innovation, fondée sur le triptyque « open data, open service, open source. Si on était un restaurant, en plus de servir le plat, on donnerait la recette, compare-t-il. En un an, nous avons eu plus de 700 réutilisateurs de Navitia, notamment au travers de l’API navitia.io ».

Encore en cours de développement, le compagnon de mobilité s’enrichira, avant la fin de l’année, des fonctions d’achat en ligne et téléchargement de l’abonnement sur sa carte sans contact au premier passage devant un valideur – en test à Orléans – et de billettique sur smartphone. « Pour les voyageurs occasionnels, nous développons en partenariat avec la CTS qui expérimente U’Go en NFC, un titre dématérialisé sur mobile, explique Laurent Kocher, directeur marketing, innovation et services groupes. Il sera complété par une solution de code-barres en 2D destiné aux voyageurs sans smartphone. » Le but ultime pour le citadin ? Avoir « sa » ville « au creux de la main » !  C’est ainsi qu’à Lille, l’application Transpole servira de base à la métropole qui compte l’élargir à toutes les fonctions de la ville, l’enrichir de services.

Dans la gamme des solutions « métier », Keolis commercialise un CRM de relation client, déjà adopté par sept collectivités ; une billettique mutualisée, donc de moindre coût visant les villes moyennes – lancée à Blois en janvier – ou encore un système de gestion de flotte de bus. Sur chaque segment, Keolis s’est associé à des leaders tels que Xerox pour la billettique ou Microsoft pour le CRM et bien sûr voyages-sncf.com pour la vente en ligne. Enfin, il a signé des accords avec six start-up françaises qui ont le vent en poupe : Moovit (l’appli en crowdsourcing qu’on ne présente plus), CitéGreen (programme de fidélité), Bookbeo (réalité augmentée), Forcity (simulation de la ville à long terme), Tripndrive (autopartage) et OpenDataSoft (hébergement des données). Une manière de répondre au souhait de Cese en occupant le terrain… Car « il est encore temps de proposer des solutions connectées adaptées », assure Jean-Pierre Farandou. Même pas peur des Gafa*…

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*Google, Apple, Facebook, Amazon.

 

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