Sortie de crise pour Keolis à Boston

Le 30 mars est à marquer d’une pierre blanche par Keolis : c’est la date de sortie de la situation de crise aiguë que l’entreprise connaissait à Boston depuis le démarrage en juillet dernier de l’exploitation des trains de banlieue. Keolis Commuter Services, une coentreprise réunissant Keolis (60 %) et sa maison mère la SNCF (40 %) cumulait en effet depuis lors les pénalités pour des retards à répétition, des trains jugés sales et des problèmes d’effectifs. Un hiver particulièrement rigoureux à Boston n’a rien arrangé et les pénalités se sont encore montées en février à 434 425 dollars (406 575 euros) du fait des retards et à 434 425 dollars également pour des problèmes de propreté notamment. Soit dans les deux cas le montant maximum prévu par le contrat (en janvier, les pénalités s’étaient élevées aussi à 434 425 dollars pour les retards et à 273 000 dollars pour les autres motifs). Les négociations engagées par le groupe français avec l'autorité organisatrice MBTA (Massachussetts Bay Transportation Authority) pour éviter ces amendes en invoquant des conditions climatiques exceptionnelles ont échoué. Résultat, le cumul des pénalités infligées depuis juillet par MBTA se monte à plus de 4 millions de dollars (3,74 millions d'euros), selon le Boston Globe du 10 avril !

En mars, la situation s'est améliorée. A peu près 80 % des trains étaient à l’heure le mois dernier, selon le Boston Globe qui précise que l’entreprise française a mis plusieurs semaines à rétablir la situation après les tempêtes de neige qui ont sévi.

Pour y parvenir, Keolis a employé les grands moyens, en réorganisant le management et en envoyant sur place pour plusieurs mois Bruno Auger, directeur de la division Rail, chargé de rétablir de bonnes relations avec les Américains. Mais, interrogé par VR&T, Bernard Tabary, le directeur exécutif groupe-international de Keolis relativise : « Pendant la période de crise, nous avons eu recours à des compétences françaises, suédoises, anglaises. Il y a eu un léger changement dans l’équipe de management de Boston, mais deux nominations dans l’équipe de direction, sur une douzaine de personnes, ce n’est pas une révolution managériale. Il y a eu des ajustements dans l’équipe de management. Grâce à un travail conjoint de l’équipe de Keolis et des autorités, nous sommes revenus à un niveau considéré comme satisfaisant. »

Et d’ajouter : « C’est simple, on avait annoncé le retour au service pour le 30 mars et le 30 mars le service est revenu à 100 % comme annoncé. Les équipes du gouverneur et de l’autorité nous en ont remercié. Aujourd’hui, la neige a fondu. Le service tourne selon les horaires classiques. La crise hivernale du début 2015 a été gérée. »

Reste que Keolis n’en a pas fini avec Boston. Le contrat est difficile et pourrait s’avérer coûteux. Il va falloir maintenant s’employer à effacer ce fâcheux et long épisode pour ne pas entacher la réputation de l’entreprise alors que l’heure est à la conquête de nouveaux territoires.

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