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Les trois scénarios de la commission Duron
C’est un travail très minutieux, d’analyse ligne par ligne, qu’a effectué la commission Duron, chargée de plancher sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET) Et c’est ce que devrait reconnaître Alain Vidalies le secrétaire d’Etat aux Transports, lorsqu’il en présentera les conclusions demain.
Le député socialiste du Calvados, qui a écrit le rapport, a en effet étudié chaque ligne TET pour proposer soit de la maintenir dans sa mission d’aménagement du territoire (et donc financée par l’Etat), soit de la transformer en train express régional, soit de la passer sur la route. « La commission propose à l’Etat français de s’inspirer de ce que font la Grande-Bretagne ou l’Allemagne et de ne maintenir dans la prochaine convention, et donc dans le périmètre des TET, que les principales liaisons qui desservent de grands bassins de population », explique un membre de la commission. Dans certains cas, la commission proposerait d’augmenter les dessertes pour accroître l’attractivité des trains.
Une grande partie de TET deviendrait ainsi TER dès le 1er janvier prochain. Cela, « sans que les transferts financiers suivent », s’inquiète un membre de la commission qui estime que des liaisons pourraient de ce fait être fermées, faute de moyens. Ou bien devenir des liaisons routières avec la libéralisation du transport par autocar.
Ces orientations vont à l’encontre de ce que souhaitait l’Association des régions de France qui, si elle ne se montrait pas hostile au principe d’un transfert pour certaines lignes, demandait en contrepartie des moyens pour l’assumer.
L’ARF n’aurait pas non plus été entendue sur sa demande concernant le matériel. Jacques Auxiette, le président de la commission Transport, également président des Pays de la Loire, a souvent insisté sur l’intérêt de piocher dans les commandes et options prévues dans les accords-cadres passés avec Alstom et Bombardier (une commande géante de 1 000 Régiolis et de 860 Regio 2N) pour renouveler le parc de TET vieillissant. L’avantage, selon lui, serait à la fois d’apporter une solution rapide et moins coûteuse puisque la chaîne de production est déjà lancée et que les Régiolis et les Regio 2N pourraient être facilement transformés pour coller aux besoins des TET. Sinon, les deux constructeurs perdraient tout espoir de rentabiliser leurs investissements. Avec au bout, des conséquences sur l’emploi. Or, la commission Duron semble n’avoir pas voulu se lier les mains sur ce point-là et a entendu les arguments des autres constructeurs comme Siemens ou Caf.
Enfin, la question de l’ouverture à la concurrence serait posée globalement dans la perspective d’une libéralisation en 2019. En résumé, il faut s’y préparer. Le rapport répond ainsi à la lettre de mission qui lui avait été adressée : baisser rapidement et efficacement le déficit d’exploitation des TET (actuellement il atteint près de 400 millions d’euros) et permettre d’élaborer la prochaine convention puisque la convention actuelle Etat-SNCF s’achève à la fin de l’année.
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