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Un nouveau géant mondial de l’équipement ferroviaire
Publiée fin juillet, l’annonce par l’équipementier ferroviaire Faiveley Transport de « négociations exclusives "
avec son homologue américain Wabtec Corporation devrait donner naissance dans moins d’un an à un nouvel ensemble mondial réalisant quelque 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Soit un des principaux équipementiers ferroviaires mondiaux – en comparaison, le groupe allemand Knorr Bremse représente de l’ordre de 5 milliards d’euros de CA par an.
Sur le total de quatre milliards d’euros que « pèserait » le rapprochement Wabtec-Faiveley, l’apport de l’équipementier français représenterait un quart, en se référant à son CA de l’exercice 2014/15 (1 048,4 millions d’euros). Basé à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Faiveley Transport avait connu ces quinze dernières années une forte croissance externe et ce groupe est de ce fait évalué, dans le cadre de l’acquisition de l’ensemble de son capital par Wabtec, à environ 1,7 milliard d’euros. Riche de 5 700 salariés dans 24 pays, ce spécialiste du ferroviaire décline sa gamme entre Energy & Comfort (systèmes de climatisation, captage de courant et information passagers), Access & Mobility (systèmes d’accès passagers et portes palières), Brakes & Safety (systèmes de freinage et coupleurs) et Services.
Les trois autres quarts du CA du futur acteur mondial viendraient quant à eux de Wabtec Corporation, dont les plus de 13 000 salariés sont présents dans plus de 20 pays. De fait, le groupe américain, issu du célèbre spécialiste du frein Westinghouse, pèse trois fois plus lourd que son homologue français, qui a de son côté absorbé SAB Wabco, ancienne filiale de Westinghouse et un des deux spécialistes européens du frein, en concurrence avec Knorr. Toutefois, selon Stéphane Rambaud-Measson, président du directoire et directeur général de Faiveley Transport, la complémentarité des activités de son groupe et de Wabtec Corporation « est remarquable, à la fois en termes de gamme de produits et de couverture géographique ». Plus précisément, « cette transaction nous permettrait de poursuivre notre ambition de devenir un des leaders mondiaux des équipements et services ferroviaires en transit passager. Faiveley Transport doublerait la taille de ses opérations avec l’intégration de l’activité transit de Wabtec, renforçant ainsi l'ancrage industriel français du groupe. » Compte tenu de cette complémentarité, le groupe élargi bénéficierait d’un portefeuille d’activités plus équilibré, tant pour ce qui est des segments (environ 45 % de CA pour le fret et 55 % pour les trains de voyageurs) que du point de vue géographique (environ 50 % du CA en Amérique du Nord, 30 % en Europe et 20 % en Asie-Pacifique).
Si l’action Faiveley Transport est ainsi destinée à disparaître de la Bourse de Paris (Euronext Paris), la famille Faiveley (actuellement actionnaire à 51 % de la société) ne quitterait pas pour autant l’industrie ferroviaire et deviendrait dans cette opération un actionnaire de référence (environ 6 %) de Wabtec. Le nom même de Faiveley serait conservé au sein du nouvel ensemble, précise le communiqué du 27 juillet. « Le management de Faiveley Transport piloterait, depuis le siège actuel de Gennevilliers, l’activité transit passager, devenant la première activité de l’ensemble combiné. Les activités transit du groupe élargi représenteraient le double du périmètre actuel de Faiveley Transport, soit plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires, et opérerait sous la marque mondiale Faiveley Transport. »
Le groupe élargi issu du rapprochement Wabtec-Faiveley, qui pourrait voir le jour dans moins d’un an, suit ainsi le mouvement lancé dans l’industrie ferroviaire début 2013 avec le rachat par l’allemand Siemens de la branche signalisation du britannique Invensys pour 2,2 milliards d’euros, créant ainsi le numéro un du secteur (20 % du marché). Puis en février dernier, le conglomérat industriel japonais Hitachi a repris les activités ferroviaires de l’italien Finmeccanica, Ansaldo STS et AnsaldoBreda, moyennant 809 millions d’euros. Alstom Transport attend quant à lui le feu vert de Bruxelles pour reprendre les activités ferroviaires de l’américain General Electric (parallèlement au rachat par ce dernier du pôle Energie d’Alstom). Alors qu’à l’est du continent, pour l’instant à plus petite échelle, le tchèque Skoda acquiert le finlandais Transtech, dans la perspective d’une croissance externe vers de nouveaux marchés…
P. L. et F. D.
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