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La SNCF mise gros sur le low cost
Le nouveau plan de bataille de la SNCF, dévoilé le 3 septembre, vise avant tout le marché du voyage longue distance
à bas prix. « Les clients nous disent qu’ils veulent pouvoir voyager plus, en trouvant des moyens de transport adaptés à leurs moyens et avec l’assurance de trouver le meilleur prix du marché. Bref, ils veulent plus pour moins cher », explique Barbara Dalibard, la directrice générale de SNCF Voyageurs. D’où une nouvelle gamme SNCF baptisée #OUI qui réunit non seulement l’offre TGV mais aussi l’offre d’autocars. « C’est une nouvelle gamme que nous souhaitons plus étendue, mais aussi plus simple et plus claire », ajoute Barbara Dalibard.
Principale nouveauté, issue tout droit de la loi Macron, la SNCF se lance donc massivement sur le marché des autocars. Elle avait déjà lancé en 2012 sa société iDBus. Elle passe à la vitesse supérieure en rebaptisant cette société Ouibus et en prévoyant de lancer 130 liaisons (dont sept de nuit) vers 46 destinations dont 35 en France.
Les premiers bus Ouibus « avec des standards SNCF » ont commencé à circuler sur de nouvelles lignes (Paris – Nantes via Le Mans et Angers et Paris – Strasbourg via Nancy) dès le 4 septembre avec des prix d’appel à 5 euros. « Nous avons travaillé sur des bassins excentrés, mais aussi sur des trajets très investis par le covoiturage, et nous proposerons aussi des horaires adaptés de jour et de nuit », précise de son côté Rachel Picard, la directrice de Voyages SNCF. "Nous n'avons pas cherché à fragiliser le train", affirme aussi Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités. "Nous avons cherché à mettre les bus là où il y a le plus grand potentiel".
Ce sera l’offre « la plus rapide et la plus massive sur le marché », se félicite Roland de Barbentane, le directeur général de Ouibus, en indiquant que la flotte d’autocars va tripler. « Nous allons acheter 80 bus, le reste viendra de nos partenaires locaux », poursuit-il. Un système de partenariats avec des autocaristes locaux est en effet mis en place, comme le fait déjà par exemple Flixbus ou bien Transdev avec sa société de bus Isilines.
En Ile-de-France, les cars partiront de quatre gares à Bercy, à la Défense et aux aéroports d’Orly et de Roissy. Huit millions de voyages sont attendus en 2018 (quatre millions en 2016).
Second axe de développement, l’offre ferroviaire à petits prix va être étendue. Au côté des TGV classiques qui desservent 230 gares (et dont fait partie iDTGV), le TGV Ouigo, qui relie aujourd’hui la gare de Marne-la-Vallée à Lyon et Marseille, va se lancer sur d’autres lignes. Un TGV dont les modes de production ont été revus pour abaisser les coûts (un seul bagage à dimension restreinte, pas de flexibilité de voyage, espace revu pour transporter plus de voyageurs ou encore départs de gares excentrées pour éviter de payer des redevances trop élevées). Plus de 6 millions de voyages seront proposés à partir de 10 euros l’année prochaine. Puis dix millions en 2018. « Notre objectif est de les déployer sur toute la France, indique Rachel Picard. D’abord, en 2016, au nord et à l’ouest, puis vers le sud-ouest, plus tard enfin à l’est. » L’année prochaine, huit gares de plus seront desservies : Tourcoing, TGV-Haute-Picardie, Nantes, Rennes, Le Mans, Angers, Roissy-Charles-de-Gaulle et Massy-TGV. La direction de SNCF affirme que 50 % des utilisateurs de Ouigo n’auraient pas pris le train sans cette offre. Et que Ouigo est d’ores et déjà rentable.
Enfin, les Intercités 100 % Eco vont également être développés, après le succès rencontré par ce produit sur la liaison Paris – Bordeaux.
Alors que le marché de la longue distance représente 400 millions de voyageurs annuels pour la SNCF (et 10 % de parts de marché face à la voiture individuelle qui en détient plus de 80 %), le groupe fait le pari de la croissance de volume. « Nous allons doubler en un an l’offre de petits prix garantis. Et nous la triplerons en trois ans », annonce Barbara Dalibard. « En 2018, on comptera 18 millions de voyages à petits prix, à partir de 5 ou 10 euros », précise Rachel Picard, directrice de Voyages SNCF.
Devançant les critiques sur la SNCF qui affaiblit elle-même le train, Guillaume Pepy a assumé ces choix. « Faire du bus, ce n’est en rien renier le train », assure le PDG de SNCF Mobilités, en faisant le parallèle avec le marché aérien où le low cost représente aujourd’hui plus de 50 % du trafic et en évoquant la révolution vécue actuellement par le secteur des transports. D’où cette volonté d’inonder le marché en proposant des volumes d’offres massifs. L’ensemble de l’offre sera accessible sur www.voyages-sncf.com, « sur un pied d’égalité pour que le client fasse lui-même ses choix ». Quant à savoir comment se répartira à terme l’activité de la SNCF entre TGV, Intercités et bus, c’est une autre histoire. Que la SNCF se refuse à imaginer publiquement.
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