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Keolis seul en lice à Lyon
Pour l’appel d’offres de la DSP lancé par le Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise), qui arrivait à terme le 15 octobre, seul Keolis, l'opérateur en titre, a déposé un dossier. « La concurrence est évidemment préférable, mais l’absence de pluralité de candidats ne nous empêchera pas de négocier au mieux de notre intérêt et de nos objectifs », affirme Annie Guillemot, la nouvelle présidente du Sytral. Lors de la précédente consultation en 2010, Transdev et Veolia étaient au départ et avaient été indemnisés au final de 750 000 euros pour un travail de préparation représentant 15 000 pages.
Habituée des appels d’offres dans son – ancienne – mairie de Bron, la nouvelle présidente passe cette fois-ci au niveau supérieur avec un contrat – le deuxième après Paris – qui représente plus de deux milliards d’euros sur la période 2017-2022, un niveau de recettes de 1,5 milliard d’euros environ et un endettement d’un peu plus d’un milliard. L’absence de concurrence ? « Ce n’est pas un problème, on négocie tout point par point », rétorque Raymond Deschamps, directeur général du Sytral qui, en 25 ans de maison, en est à sa cinquième DSP. Pour lui, les candidats ne sont pas légion à pouvoir postuler à un réseau de la taille de celui de Lyon. Veolia Transport absorbé, « Transdev a fait son choix »,commente-t-il sobrement, celui de ne pas participer. Pour certains, comme le rapporte l’hebdomadaire satirique Les Potins d’Angèle, l’opérateur semblait avoir peu de chances face à la position désormais acquise par Keolis à Lyon, « sa » place forte. Les exigences du Sytral seraient aussi telles qu’elles décourageraient les candidatures. Quant à RATP Dev, qui a semblé intéressé au début, il n’a pas donné suite. Au Sytral, on analyse ce retrait rapide comme sa volonté de se concentrer sur sa zone historique et l’international. Dans ces conditions, le « one to one » Sytral-Keolis a toutes les chances de s’apparenter à un rapport de force négocié, dont avait le secret Bernard Rivalta, l’ombrageux prédécesseur d’Annie Guillemot. Celle-ci affiche d’ailleurs sa détermination en n’excluant pas, au besoin, de déclarer « l’appel d’offres infructueux ».
Quoi qu’il en soit, le groupe Keolis souhaite à l’évidence conserver la gestion du réseau lyonnais dont il a fait une vitrine de son développement à l’étranger. Au point d’implanter à Lyon son département International et d’organiser, en étroite collaboration avec le Sytral, l’accueil de plus d’une centaine de délégations chaque année venues visiter l’excellence du réseau TCL. A Keolis tenté de se plaindre des objectifs drastiques et des risques imposés par le Sytral, Bernard Rivalta répondait que les transports collectifs n’ont pas vocation à conforter les dividendes du groupe. Par ailleurs, dans le cadre d’une procédure en 2014, le rapporteur public du tribunal administratif de Lyon avait estimé que le risque de l’exploitant pouvait être évalué à une dizaine de millions d’euros seulement sur six ans.
Keolis, filiale de la SNCF, dispose dans la discussion d’un atout non négligeable : sa maison mère a permis l’émergence de la tour Incity, voulue par Gérard Collomb, à la Part-Dieu où elle va occuper 18 étages (sur 39) début 2016. Un renvoi d’ascenseur possible au nom de l’intérêt général pourrait lever tout blocage entre Keolis Lyon et Sytral qui étudieront les ajustements au contrat au même moment.
Claude FERRERO
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