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Elisabeth Borne met le cap sur la ville intelligente
Un peu moins de six mois après sa nomination, la PDG de la RATP a dévoilé à la presse son plan stratégique le 3 novembre, après l'avoir présenté au CE le matin même, aux cadres la veille et au conseil d'administration le 30 octobre Les orientations s'inscrivent dans le plan « vision 2020 » validé par l’Etat en 2012, mais s'inscriront aussi dans un plan baptisé « défi 2025 » car « les questions structurantes doivent être anticipées » dès maintenant au-delà de l'échéance à cinq ans. L'objectif initial de sept milliards d'euros de CA en 2020, dont 30 % hors Ile-de-France, est maintenu, mais Elisabeth Borne précise que « l'entreprise va évoluer dans un environnement de plus en plus concurrentiel ». Elle devra donc « continuer à améliorer sa performance économique ». Le groupe RATP a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 5,3 milliards d'euros – dont 17,4 % en provenance des filiales RATP Dev, Systra, etc. – et un bénéfice net de 298 millions d'euros.
« Mon ambition, c'est que le groupe RATP incarne en France et dans le monde la mobilité durable et la ville intelligente au service des voyageurs », a encore précisé la patronne de la RATP, avant de décliner dix chantiers clés. Parmi lesquels figurent en bonne place la modernisation du réseau de surface et le renouvellement du parc de bus en 100 % électrique ou biogaz en 2025. Et « clairement, la RATP ne souhaiterait pas acheter des bus chinois », a-t-elle affirmé.
En bonne place aussi, un engagement fort dans le numérique. « L'émergence du digital s'accompagne de nouvelles formes de mobilité », a-t-elle relevé. Sur cette question, la RATP, comme les autres groupes de transports, accélère en dédiant « 30 millions d'euros sur deux ans au digital ». L'innovation est dans l'ADN de l'entreprise, estime la PDG, qui souhaite maintenant l'imposer comme « leader de la mobilité connectée ». Elle crée donc une direction de la Stratégie, de l'Innovation et du Développement, confiée à Nathalie Leboucher (qui sera membre du Comex), ancienne responsable du programme Smart cities chez Orange, et annonce l'embauche d'une centaine de collaborateurs. Cette direction s'attellera à la création de nouvelles applis, à l'image de « MonRERA » lancée ces jours-ci, qui permet de connaître avec exactitude son heure d'arrivée, mais aussi à la formalisation de nouveaux partenariats avec des start-up.
La démarche digitale et l'innovation constituent la principale impulsion donnée par la nouvelle patronne de la RATP, qui pour le reste, poursuit globalement les objectifs engagés par son prédécesseur Pierre Mongin. A savoir : positionner le groupe comme un leader à l'international, conforter la culture de la sécurité, se mobiliser sur le RER, moderniser le réseau de surface pour le préparer à la concurrence, améliorer l'information voyageurs…
Mais également « faire du mode métro un levier de développement du groupe RATP en Ile-de-France et dans le monde », a-t-elle précisé. Candidate aux futurs métros de Doha et de Riyad, la RATP sera « évidemment candidate à l'exploitation des lignes du Grand Paris Express », dont elle assurera de toute manière la gestion des infrastructures. Et la concurrence commencera dès l'an prochain avec les appels d'offres pour les lignes T9, T10, puis ultérieurement M15. Elisabeth Borne semble toutefois moins véhémente sur cette question que son prédécesseur, qui ne manquait pas une occasion de rappeler que la RATP devait remporter ces futurs appels d'offres.
Revenant sur son dada, la RATP « digitale » (voir encadré), la PDG envisage le déploiement de « stations numériques » avec l’installation de points Wi-Fi et de recharge de smartphones. Parallèlement, la couverture 3G/4G des lignes de RER A et B, ainsi que la ligne 1 du métro sera finalisée d’ici à la fin de l’année. Quid des autres lignes ? « Nous devons reprendre les discussions avec les opérateurs de téléphonie qui ne semblent pas très motivés sur le sujet », a-t-elle dû concéder.
Rappelant qu'au « départ, la RATP était moyennement intéressée et pensait que c'était une source de revenus pour les opérateurs ». Aujourd'hui, la présidente en a besoin, et précise : « On voudrait que ça ne coûte pas, mais je suis prête à rediscuter du modèle économique avec les opérateurs. »
Digitales ou non, les évolutions poursuivent bien l'objectif de la présidente, d'offrir une mobilité globale et durable. Elles sont symbolisées par la nouvelle signature de l'entreprise : « Demandez-nous la ville » ! , concoctée par Havas, qui remplacera le « aimer la ville » datant de 2007.
Une sélection d'appli signées RATP
Tout comme la SNCF, la RATP se met à raisonner en déplacement de porte à porte. Elle annonce qu'elle intégrera prochainement à son calculateur d'itinéraire, les données Vélib' et Autolib'. Elle promet aussi une appli qui permettra aux voyageurs de signaler des problèmes liés à la maintenance et à la propreté.
Elle lancera de plus ces jours-ci plusieurs applications pour ses usagers franciliens, parmi lesquelles « monRERA » dédiée à la ligne la plus fréquentée d'Europe (1,2 million de passagers par jour), permettant de localiser les trains sur la ligne en temps réel, et de basculer directement sur le fil Twitter en cas de perturbation.
Elle étoffe par ailleurs son appli « RATP Scope » sur les coulisses de l'entreprise, et lance un portail nommé « RATP Apps » où trouver une douzaine d'applications pratiques ou ludiques, comme par exemple « ParisCi la sortie » (emplacements des sorties sur les quais), « Paris Metro Simulator » (simulateur de conduite) ou « Secrets de Paris » (endroits insolites de la capitale). Un bel avant goût de ce qui sortira des futurs partenariats avec les start-up…
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