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Le Canada sauve Bombardier
Bombardier a annoncé le 19 novembre l’entrée de la Caisse de dépôt et placement du Québec au capital de sa division transports. Celle-ci, jusqu'à présent simple filiale, va être constituée en holding Bombardier Transportation UK Ltd, en abrégé Bombardier Holdco Alain Bellemare présidera le conseil d'administration, et Lutz Bertling, président de Bombardier Transport, continuera d'assumer ses fonctions. L’opération ne sera sans doute pas bouclée avant la fin du premier trimestre 2016.
L'arrivée de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) au capital de Bombardier Holdco met fin au projet précédemment annoncé, de mise en Bourse partielle de la filiale transport à Francfort. Selon un observateur, « la situation de Bombardier est d'une gravité telle qu'il n'était plus possible de recourir à l'opération prévue ». Celle-ci mettait par définition Bombardier à la merci de l'évaluation des marchés. La cession qui vient d'être décidée, de 30 % du transport moyennant 1,5 milliard de dollars américains valorise l'activité à 5 milliards… ce qui paraît « gentil » au même observateur.
Avec ce pactole le groupe espère pouvoir se dépêtrer enfin des difficultés ruineuses de développement de son avion de ligne régional CSeries.
Quant à Bombardier Transport, il retrouve une certaine stabilité grâce à l'entrée au capital d'un investisseur institutionnel qui fonctionne un peu comme la Caisse des dépôts en France, et fait figure de bras armé de l’Etat Canadien.
Bombardier avait officiellement refusé une autre solution qui lui avait été offerte : la cession de tout ou partie du transport au géant chinois du ferroviaire, CRRC.
L'opération annoncée peut faire penser à celle que le gouvernement français avait conduite en 2004 auprès d'Alstom, alors au bord de la faillite. L’Etat avait pris 21,4 % du capital d'Alstom, qu'il avait ensuite revendu à Bouygues avec une belle plus-value. Mais cette belle opération n'avait nullement mis fin à l'histoire d'Alstom… Pas impossible qu'il en aille de même pour Bombardier, et que l'entrée au capital de la CDPQ ne donne lieu à plus long terme à l'arrivée d'un partenaire industriel.
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