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Valérie Pécresse lance son opération de sécurisation des transports franciliens
Bien que semblant favorablement impressionnée par le dispositif sécuritaire, après sa visite le 7 mars de la permanence générale de la RATP et de son PC sécurité, tous deux localisés au siège du quai de la Rapée Valérie Pécresse a rappelé son souhait d'unifier les services de sécurisation des transports en Ile-de-France. Grâce à son PC sécurité et à ses équipes mobiles, la RATP est aujourd’hui capable d’intervenir dans un laps de temps assez court de moins de dix minutes. Une réactivité qu’apprécie la nouvelle élue dont la visite s'est achevée au PC sécurité de la police nationale, voisin de palier de celui de la RATP.
Un déplacement que la présidente du Stif a qualifié de « symbolique », au moment où elle vante son plan de sécurité dans les transports franciliens. « L'idée principale serait de regrouper dans un PC unique, les services de la RATP, de la police nationale des transports, de la SNCF, d'Optile et des futurs opérateurs du Grand Paris Express (GPE), afin d'atteindre une plus grande efficacité », a-t-elle expliqué. Ajoutant qu’un tel dispositif préfigurait la création de ce qu'elle nomme, par commodité de langage, « une police régionale des transports », dotée d'une direction spécifique et placée « sous commandement de la préfecture de police de Paris ».
C’est le meilleur moyen à ses yeux de lutter efficacement et de manière coordonnée, à la fois contre la fraude, la délinquance, les agressions faites aux femmes, les pickpockets visant les touristes et bien sûr le terrorisme. Parce qu'il doit y avoir « une gradation, mais tout doit être sanctionné ». La présidente de la RATP, Elisabeth Borne, venait notamment de lui rappeler que les colis suspects avaient fait « perdre 9 % de ponctualité à la ligne A du RER par rapport aux services d'avant les attentats ».
En réalité, la loi Savary sur la sécurité dans les transports qui vient d’être votée permet aux exécutifs régionaux de créer un service de sûreté qui dépend de l’autorité organisatrice, dans le cas présent, donc sur le périmètre du Stif, mais pas créer une police régionale. « La loi n’a pas pour propos d’engendrer une balkanisation des forces de l’ordre, l’ordre public reste une prérogative régalienne de la République, rappelle son auteur, le député (PS) Gilles Savary. Ma loi fait obstacle au fait que chaque président de région puisse se transformer en cow-boy. » C’est sans doute la raison pour laquelle Valérie Pécresse indique que le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à qui elle a parlé de son projet, s’est montré « moyennement intéressé ».
Gilles Savary observe toutefois que bien qu’ayant actuellement les services de sécurité des transports (Suge, GPRS et service de police nationale dédié aux réseaux ferrés) les mieux coordonnés de France, « la vie dans les transports publics franciliens n’étant pas un fleuve tranquille, il est légitime que la présidente de région veuille utiliser à plein la nouvelle loi ». Parmi les possibilités ouvertes par la loi figure aussi celle d’élargir les compétences des polices municipales aux services de transport, « à condition que tous les maires en soient d’accord et qu’ils le conventionnent ». Ce ne sera vraisemblablement pas le propos en Ile-de-France.
Dans un premier temps, la présidente de région pourra, comme elle le souhaite, « accélérer l'installation de la vidéoprotection dans les trains et les bus qui n'en disposent pas encore », en accompagnement des 350 agents de sécurité supplémentaires prévus sur les réseaux. Elle pourra aussi élargir le périmètre des PC sécurité actuels, sachant que celui de la police nationale comprend actuellement un seul agent SNCF faisant la liaison avec la Suge. Et qu’il serait bienvenu d’y ajouter la surveillance des bus d’Optile ainsi que la sécurisation des lignes du GPE. Si elle imagine ce PC unifié localisé quai de la Rapée, c’est qu’il y a déjà l’infrastructure. Car « ce n'est pas du tout à voir comme une OPA de la RATP sur les autres opérateurs », plaide-t-elle comme pour convaincre la SNCF qui lui semble réticente.
A la suite de quoi, une direction de police qui serait exclusivement dédiée à la surveillance des transports en commun pourrait être créée par le Stif sous l’égide de la préfecture de police de Paris. C’est pourquoi un groupe de travail vient d’être lancé avec ladite préfecture. Dans ce cadre, Optile a été auditionné au premier trimestre. « Ce PC unifié a été évoqué, nous confirme-t-on chez Optile. Et bien sûr, nous ne sommes pas contre l’idée d’obtenir des moyens supplémentaires pour sécuriser des réseaux dans des villes comme Les Mureaux, Chanteloup-les-Vignes, Meaux… » Pressé, l’exécutif régional a déjà fait ses comptes. « C’est un projet estimé autour de 20 millions d’euros pour lequel la région est prête à prendre sa part, aux côtés de l’Etat, des opérateurs et du Stif », a précisé Valérie Pécresse. Ajoutant qu'elle espérait le mener « le plus vite possible » et qu'il était faisable « à l'échelle d'un mandat régional »…
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