SNCF : l’Unsa et la CFDT se joignent à la grève du 26 avril

L'Unsa ferroviaire en sera. La CFDT aussi. Après un temps de réflexion, les deux syndicats modérés ont décidé de s'associer au nouveau préavis de grève annoncé par la CGT Cheminots pour le 26 avril. Le jour de la prochaine séance des négociations en cours pour l'écriture d'une future convention collective du ferroviaire entre les syndicats du secteur et l'UTP qui réunit SNCF et entreprises privées. Un délai indispensable pour que « la CFDT consulte ses équipes », précisait Didier Aubert, le secrétaire général de la fédération des cheminots. Et une même préoccupation à l'Unsa.

Après l'envahissement et l'interruption des travaux la semaine dernière dans la salle où se tenaient les négociations, près de Montparnasse, par plusieurs dizaines de militants très remontés appartenant essentiellement à SUD qui les a « accompagnés » dans leur action « avec quelques banderoles CGT » selon l'AFP ; après l'irruption d'opposants à la loi El Khomri de la Nuit debout venus tenter d'interrompre le trafic à Saint-Lazare pour réclamer la solidarité des cheminots, le souci des organisations syndicales semble aujourd'hui clairement double. Maintenir la pression sur l'UTP tout en restant à l'écoute d'agents qui sur le terrain savent qu'« on est désormais entré dans le dur », assure Roger Dillenseger, le secrétaire général adjoint de l'Unsa. Mais sans risquer de voir leurs intérêts propres « noyés dans un contexte social national dégradé ».

Les cheminots locomotive de la grogne générale. Une sorte de classique mais qui en effet « rendrait peu visible leur cause alors qu'on est, insiste Roger Dillenseger, à un moment historique dans le ferroviaire et qu'il n'est pas question de louper la marche ».

Pour lui, « la méthode de l'UTP n'est pas bonne » qui consiste à « arriver avec un projet au ras de pâquerettes, voire moins-disant que le décret-socle. Par exemple sur des sujets de friction comme les repos doubles (deux jours consécutifs dans la semaine pour tous). Ou le refus de toute compensation à ce stade pour les agents soumis à l'indispensable continuité du service ou en 3/8 ».

Et les syndicats de réclamer pour tous les salariés du rail un copier-coller du fameux RH 0077 qui régit le travail à la SNCF. Quand l'UTP exige un indispensable assouplissement garant de concurrence et de compétitivité.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, après avoir in petto condamné l'envahissement de Montparnasse « avec la plus grande fermeté » dans un communiqué avait beau inviter aussitôt tout le monde à « retourner à la table des négociations avec la ferme volonté d'aboutir à un accord de haut niveau », c'est pour l'instant surtout le ton qui monte.

Et la CGT Cheminots en perte de vitesse au fil des scrutins mais qui sait sa signature toujours incontournable pour l'accord d'entreprise à la SNCF joue même la surenchère. Réclamant au contraire l'amélioration du régime actuel avec le passage aux 32 heures par exemple. Une stratégie du « qui veut le plus… »

Classiques postures de départ ? « L'UTP s'attend de toute manière à un conflit social. Donc elle ne veut pas lâcher du lest d'emblée, analyse Roger Dillenseger. Mais « avec un calendrier aussi contraint c'est jouer avec le feu », poursuit-il. La date butoir pour l'aboutissement des négociations est fixée fin juin. Et en terme d 'image la perspective d'un mouvement cheminot au beau milieu de l'Euro de football pourrait, tout le monde le sait, disqualifier les acteurs de la négociation de part et d'autre.

En attendant pour démontrer sa détermination et un calendrier indépendant du contexte national après la grève du 26 avril l'intersyndicale ferroviaire devait appeler d'ores et déjà dans la foulée à une manifestation le 10 mai. Dont il ne lui restait plus ce lundi après-midi, selon Roger Dillenseger, qu'à arrêter l'itinéraire dans les rues de la capitale.

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