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Anne Hidalgo veut remettre en Seine les navettes !
Tout à la liesse de sa reconquête des berges de Seine, la maire de Paris en perdrait-elle la mémoire ? A la faveur d’une promenade inaugurale de l’exposition COP22 sur les voies piétonnes le 14 septembre, avec la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, elle a redit son souhait d’utiliser le fleuve pour les transports. Anne Hidalgo a en effet indiqué avoir engagé une réflexion avec le président (LR) de la métropole du Grand Paris, Patrick Ollier, pour le développement de bateaux-taxis à motorisation électrique et d’un système de transport en commun, rappelant le soutien de la municipalité à l’expérience des navettes fluviales Voguéo entre juin 2008 et juin 2011, rapporte Le Parisien dans son édition de Paris.
D’ailleurs, dans une interview au JDD début septembre, la maire de Paris avait déjà affirmé « la région doit étudier le développement des liaisons fluviales ; je ne comprends pas que Voguéo, le système de navettes publiques sur la Seine, ait été abandonné si vite par le Stif ». Rafraîchissons-lui la mémoire. Lancé à titre expérimental entre Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne et la gare d’Austerlitz, Voguéo n’avait jamais fait le plein de voyageurs ni trouvé d’équilibre économique.
Cela n’avait pas empêché le Stif précisément de procéder à d’autres études de faisabilité, suivies d’une concertation, et de voter un projet de trois lignes fluviales (Vitry-sur-Seine – Invalides ; Tour Eiffel – Austerlitz ; Suresnes – Musée-d’Orsay). Un appel d’offres avait été lancé dans la foulée. Malgré trois manifestations d’intérêt, de Veolia-Transdev, Bateaux-Mouches et Batobus, seul ce dernier avait finalement déposé une offre.
Problème : son montant, 600 millions d’euros pour dix ans, soit 60 millions par an, correspondait à deux fois et demie le budget défini par l’AO (de 25 millions/an). En février 2013, à regret, le Stif déclarait donc l’appel d’offres sans suite. Et si à l’époque, Anne Hidalgo était chargée de l’Urbanisme parisien, son collègue aux Déplacements, Julien Bargeton, aujourd’hui aux Finances, présidait la commission économique du Stif.
Reste donc à espérer que les nouvelles études de la métropole ou de la région n’aboutissent pas de nouveau à une impasse financière. Une chose est sûre : le Stif est favorable à des navettes fluviales, mais bien sûr pas à n’importe quel prix. Si elle y tient, « la mairie a toujours la possibilité de demander au Stif une délégation de compétence pour organiser un service local… », note un observateur. A ses frais…
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