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SNCF Immobilier fait l’état des lieux un an après sa création
Le site parisien de la gare de Lyon-Daumesnil va faire l’objet d’une véritable mutation. La friche urbaine contient sur 6 hectares et 700 m de long l’ancien tri du TGV postal une zone d’avitaillement des trains vétuste ou encore l’ancien gril d’entretien des locos. Elle va se métamorphoser en nouveau quartier de la capitale. Libération du site : 2018. Première phase achevée en 2021 avec 600 logements, bureaux, commerces, crèche, école, un jardin et une promenade pour piétons et vélos reliant la gare au boulevard de Bercy, soit, promet-on, deux tiers d’espaces verts. Achèvement en 2024-2025.
Une opération parmi les 34 grands projets urbains en cours ou prévus que SNCF Immobilier compte mener à bien d’ici dix ans. En tout 150 hectares. Douze dans la métropole du Grand Paris, comme le nouveau quartier Chapelle-International en cours d’aménagement sur 6 hectares, au nord de Paris cette fois, ou à Saussure-Pont-Cardinet et puis à Bercy, Pantin ou Saint-Denis… Mais aussi à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille… sous la houlette de ses sept implantations régionales. Une activité qui mobilise à SNCF Immobilier l’activité de 2 500 personnes.
Dans le futur quartier Daumesnil, les vieilles halles jouxtant les voies de la gare de Lyon, sauvées de l’abandon abriteront programmes culturels et commerciaux. C’est l’endroit emblématique qu’a choisi la jeune filiale du groupe le 13 septembre dernier pour faire un premier état des lieux de ses activités depuis sa création le 1er juillet 2015. Benoît Quignon a repris les clés de la maison derrière Sophie Boissard depuis huit mois. Et il a résumé ses missions : inventer de nouveaux usages à une partie urbanisable ou transformable d’un patrimoine total grand comme deux fois la superficie de Paris que possède la SNCF. « Bien sûr, plaisante à moitié Benoît Quignon, pour transformer ces 3 000 hectares il faudrait deux siècles de travail. » Mais ce patrimoine exceptionnel comprend des sites parfois historiquement intéressants et souvent bien situés au cœur des agglomérations. Non seulement ils sont devenus inutiles, mais ils sont grevés de servitudes, coûteux en charges, souvent pollués voire amiantés. Le tout se fait avec « les partenaires naturels », explique Benoît Quignon, que sont les gros aménageurs, les collectivités territoriales…
La filiale immobilière veut notamment contribuer à transformer l’offre de logements en France. Il s’agit de permettre la construction de 19 000 logements dont 40 % de logements sociaux, d’en réhabiliter 16 900 et d’en céder 17 400 également. Benoît Quignon le rappelle « l’an dernier SNCF a participé à elle seule à la moitié de l’effort de mobilisation nationale du foncier public en France (soit 36 hectares) ».
Et puis il faut réunir, aménager, rationaliser, remettre aux normes pour le propre usage professionnel et le profit du groupe des sites dispersés et obsolètes, accusant une moyenne d’âge de 70 ans.
Du côté des réalisations à l’usage du groupe, SNCF Immobilier veut faire du nouveau technicentre de Rennes, à Saint-Jacques-de-la-Lande, moins étendu mais plus rationnel, un modèle qu’elle compte reproduire par exemple pour d’autres ateliers historiques dont la charge de travail est en baisse : Oullins, en partie transformés et déplacés à Vénissieux, Romilly ou encore Hellemmes. Elle construit des résidences hôtelières pour les personnels roulants comme à Rennes et Nice.
Mais le but de SNCF Immobilier est aussi clairement de dégager du cash pour l’investissement de la SNCF par des ventes et des concessions. Sophie Boissard l’avait affiché : elle voulait doubler les recettes permettant de participer à l’équilibre de l’entreprise. Benoît Quignon, sans chiffrer de nouvel objectif, donne le chiffre de 250 millions récoltés avec notamment 140 opérations de cessions en 2015 et le reste en loyers ou concessions temporaires.
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