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Ville morte à Belfort, inquiétudes à Bagnères-de-Bigorre
Henri Poupart-Lafarge aurait préféré ne pas s’exprimer à Berlin sur la situation de Belfort. Mais il était presque impossible au PDG d’Alstom de ne pas dire quelques mots aux journalistes français présents à Innotrans. Notamment sur les intentions prêtées à Alstom d’avoir monté en épingle les difficultés de Belfort pour peser sur une décision imminente concernant le RER 2N NG. Démenti absolu d’Henri Poupart-Lafarge, « un peu préoccupé, un peu chagriné, qu’on puisse penser qu’Alstom joue avec de telles annonces ». Car il « n’est pas question de jouer avec l’emploi ». D’ailleurs, selon le patron d’Alstom qui tente, un peu tard, de dégonfler l’affaire, Alstom a en fait « annoncé l’ouverture d’un processus de concertation sur la fermeture ou le recentrage éventuels du site ». Dans ce cadre, ont lieu des discussions avec l’Etat pour l’avenir du site, qui se passent bien, assure Henri Poupart-Lafarge. Même si « le sujet est difficile ». Et reste très sensible, comme l’a montré ce dimanche l’opération ville morte à Belfort. Ou comme doit le montrer, mardi, le CCE d’Alstom au siège de Saint-Ouen.
Alain Vidalies avait proposé, le 13 septembre, cinq pistes pour sauver Alstom. Pour sa part, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, s’est étonné, ce dimanche sur France Inter, que la RATP n’ait pas commandé depuis longtemps à Alstom. Mal renseigné, puisque les derniers matériels de la RATP, tramway, métro, RER ont tous été commandés au groupe.
Dans ce contexte épineux, Francis Nakache, lui aussi présent à Innotrans, met en avant les conséquences sur l’emploi des décisions pour le site français de CAF. Et s’inquiète : « On peut se demander s’il va y avoir des pressions sur la RATP ou la SNCF. Des commandes ont été citées par les pouvoirs publics. Deux d’entre elles nous intéressent. Des locomotives pour la RATP, et le RER 2N NG pour la SNCF. Nous sommes en compétition sur les deux appels d’offres. Ils doivent être faits dans le respect des procédures publiques. J’espère que l’ambiguïté sera levée. »
La décision de la RATP doit intervenir « dans les semaines qui viennent. La commande porte sur une douzaine de locomotives de travaux. Ce sont des locomotives d’un nouveau type, mais nous avons des produits proches à notre catalogue. Si nous remportons la commande, elles seront construites à Bagnères-de-Bigorre. Une commande comme celle-ci nous éviterait de passer dans le rouge ». Car, « le tramway de Saint-Etienne se termine au printemps 2017, et la rénovation du métro de Lyon un an plus tard. Donc, dès le printemps 2017, nous avons un problème d’emploi ». Cela concerne une centaine de personnes, et, ici comme ailleurs, c’est « aussi le sort de l’usine qui est en question ». Francis Nakache insiste : « Nous avons la même problématique que les autres, il est très important d’engranger des contrats. On ne comprendrait pas que nos salariés soient sacrifiés sur l’autel d’une concurrence un peu faussée. »
Mais, si CAF décroche la commande du RER 2N NG, aujourd’hui « dans le dernier round », Francis Nakache rappelle : « Nous embauchons 500 à 600 personnes. Le site de Bagnères-de-Bigorre peut être facilement agrandi, puisque seulement un cinquième de la superficie est aujourd’hui utilisé. » L’embranchement du site sur le réseau ferré ? « Le dossier existe, déjà en discussion avec SNCF Réseau. » De plus, CAF « créera une structure en Ile-de-France, au plus près du client SNCF, pour l’ingénierie, les essais, le soutien logistique ».
Quant à la possibilité, assez classique, d’un partage du travail, et de la réalisation partielle de la commande par le concurrent évincé, c’est une question que Francis Nakache refuse d’aborder. On peut pourtant penser que, si CAF était, comme le veut la rumeur, bien placé dans l’appel d’offres du RER, ce serait une solution pour que tout le monde s’en tire à peu près à bon compte d’une affaire particulièrement mal emmanchée.
F. D.
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