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« L’objectif du téléphérique de Brest est de transporter 675 000 personnes »
Brest Métropole a inauguré le 19 novembre le premier téléphérique urbain en France. Il s’intègre au réseau de transports en commun de Bibus, exploité par Keolis
Le directeur de Keolis Brest, Jean-Luc Bouhadana, a expliqué à Ville, Rail & Transports ce que l’exploitation de cette nouvelle ligne va changer.
Ville, Rail & Transports. Quel accueil a reçu le téléphérique lors de sa mise en service ce week-end ?
Jean-Luc Bouhadana. Extraordinaire ! Il a été exploité durant 17 heures ce week-end et il a transporté 18 800 personnes au total. Soit en moyenne 1 100 voyageurs par heure. C’est un vrai succès d’exploitation et un vrai succès populaire. Les Brestois sont heureux de découvrir la rade de Brest à 75 mètres de hauteur (c’est le point culminant du téléphérique) et de redécouvrir les ateliers des Capucins arrêtés dans les années 2000.
VR&T. Qu’est-ce que cela change dans votre organisation ?
J.-L. B. Tout et rien ! Nous exploitons le tramway depuis 2012 et des bus depuis des années. Notre organisation de sécurité est déjà en place. Nous y avons intégré le téléphérique. C’est d’ailleurs la même entité étatique, le STRMTG (service technique des remontées mécaniques et des transports guidés) qui est compétent pour les transports par câble et les téléphériques. D’un point de vue administratif, cela a donc été simple. Du point de vue de l’organisation aussi. 18 personnes travaillaient déjà à la régulation du système. Nous avons recruté trois personnes supplémentaires.
Chaque matin, un agent arrive au PC de la station des Capucins, une heure avant la mise en service du téléphérique. Il vérifie le bon fonctionnement technique, puis lance des marches à vide. Enfin, le régulateur effectue un aller-retour en cabine. Ensuite, ce PC est basculé sur le PC centralisé bus et tram, à 5 km de là.
Sur la partie maintenance, nous avons formé cinq à six personnes capables d’intervenir sur le téléphérique. Nous sommes accompagnés par le constructeur. Et aussi par des cordistes car les interventions peuvent se faire à 75, 80 mètres de haut. Nous avons des lignes de vie, des harnais, des mousquetons… C’est une nouveauté pour nous, c’est aussi une nouveauté en France.
Nous avons recensé 12 scénarios dégradés. Dans la très grande majorité des cas, nous sommes capables de récupérer les cabines dans les deux stations pour permettre l’évacuation. Il y a un seul scénario dans lequel on ne peut pas récupérer le téléphérique et qui prévoit la récupération ultime, c’est-à-dire l’intervention des pompiers avec une évacuation en rappel avec une corde.
Mais nous pensons sincèrement que nous serons toujours capables de faire en sorte d’amener le téléphérique jusqu’en station.
VR&T. Comment s’annonce l’exploitation commerciale ?
J.-L. B. L’objectif à terme, c’est de transporter 675 000 personnes par an. C’est une capacité prévisionnelle. Car le téléphérique relie le centre de la ville à un quartier en cours d’édification. La hausse de fréquentation se fera donc progressivement. En décembre, les voyageurs emprunteront ce mode certainement avant tout pour le découvrir et pour avoir un point de vue imprenable sur Brest. Le téléphérique leur permettra aussi de relier en trois minutes les deux rives de la Penfeld, alors qu’actuellement entre dix à 15 minutes étaient nécessaires, en prenant le tram puis en marchant.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt
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