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C’est le nombre d’heures d’interruption du trafic sur la ligne A du RER pour cause de colis suspects depuis le début de cette année. La dernière s’étant produite pas plus tard que ce matin avec une interruption de 9h à 10h15 entre Etoile et Nanterre, faisant suite à une panne matériel une heure plus tôt… Contrairement au matériel qu’elle entretient, la RATP n’a pas de prise sur les colis suspects dont elle a évalué le coût en malus versé au Stif « entre un et deux millions d’euros pour 2015 », Philippe Martin, sont directeur général adjoint Transport et Maintenance. Pas encore de chiffrage pour 2016, mais les colis abandonnés étant en hausse, il fallait réagir. C’est d’ailleurs un sujet qui préoccupait Elisabeth Borne, PDG de la RATP, qui ne ratait jamais une occasion de rappeler la lourdeur du processus et le fait que des sommes importantes sont en jeu.
Double réaction annoncée ce jour puisque la RATP lance conjointement deux opérations : au-delà des appels réguliers à vigilance, une campagne de sensibilisation par affichage sur le thème « Un colis suspect, c’est une heure de trafic perturbé » ; et surtout une expérimentation de traitement des objets abandonnés par des chiens renifleurs. En moyenne, ce sont sept colis suspects déclarés par jour sur le réseau RATP, chacun occasionnant, toujours en moyenne, 40 minutes d’intervention, mais souvent bien plus le temps si la brigade d’intervention est déjà occupée à l’autre bout du réseau. Le nombre de signalements avait déjà doublé entre 2014 et 2015 suite aux attentats de janvier et de novembre 2015, mais en 2016, il enregistre une nouvelle forte hausse, de 60 %.
Si la qualification d’objet abandonné à colis suspect est du ressort des forces de police, la RATP doit ensuite se conformer à une procédure très codifiée, engendrant des durées de perturbations ou d’interruption de trafic incompressibles. « L’arrivée au 1er décembre et pendant six mois à titre expérimental d’équipes cynophiles, positionnées dans huit gares du RER et 32 stations de métro a pour principal enjeu la levée de doute », explique Stéphane Gouaud, responsable sécurité de la RATP. La RATP a fait appel à deux sociétés spécialisées, qui interviennent pour couvrir tous les créneaux horaires avec quatre malinois et un labrador ayant reçu l’habilitation à la détection d’explosifs de la DGAC.
Ils ne couvrent pas encore l’intégralité du réseau, mais notamment le tronçon central du RER A, le plus touché par les colis suspects. Et surtout, ces équipes de proximité peuvent intervenir très rapidement. Dès le 2 décembre, une première intervention a permis de réduire à 20 minutes la gêne pour les voyageurs, relate Philippe Martin. Et si le test d’un semestre doit permettre d’analyser la pertinence de la mesure, on sait déjà « qu’en divisant par deux le temps d’intervention, c’est très intéressant ». Y compris financièrement. La RATP ne dévoile pas le coût – sans doute élevé – de l’expérimentation mise sur pied avec le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police, mais elle estime qu’il peut être « relativement neutre au regard des malus imposés ».
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