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« La question se pose de savoir qui pilotera demain les transports publics »

Entretien avec Claude Faucher, délégué général de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP).
Claude Faucher s’interroge sur les grands défis posés par la mobilité de demain et la place que prendront les constructeurs automobiles, les opérateurs de transport ou encore les géants du Net. Ville, Rail & Transports. S’il ne fallait retenir que quelques grandes évolutions vécues par le secteur ces vingt-cinq dernières années, que citeriez-vous ?
Claude Faucher. Les transports publics urbains ont participé à la transformation de nos villes avec la renaissance du tramway, le développement des Bus à haut niveau de service (BHNS), la construction de nouvelles lignes de métro ou encore la modernisation des matériels et des motorisations. De même, avec la régionalisation des trains, les transports publics ferroviaires ont connu une forte croissance.
Ensemble, les autorités organisatrices de transport et opérateurs ont multiplié les innovations : renforcement des services d’information voyageurs, développement de l’intermodalité et recherche de complémentarité entre les différents modes de transports y compris les modes actifs (marche à pied, vélo) et déploiement de la tarification solidaire.
De ce fait, les transports publics apparaissent, aujourd’hui plus qu’hier, comme une des solutions aux problèmes auxquels sont confrontés de nombreux territoires urbains et périurbains : inclusion sociale, congestion urbaine, pollution de l’air et impacts sur la santé publique. Pour toutes ces raisons, ils ont été, plus que par le passé, au cœur des enjeux des dernières élections municipales et régionales.
VR&T. Quels sont, selon vous, les grands défis pour le secteur dans les prochaines années ?
C. F. Alors que la demande de transports publics croit, la capacité financière des acteurs (collectivités locales, passagers et employeurs soumis au versement transport) atteint ses limites.
Le secteur doit donc être capable de produire mieux à un moindre coût. L’innovation, une meilleure complémentarité entre les modes, l’augmentation de l’efficience des moyens, notamment matériels, sont autant de voies pour y parvenir. Le défi des véhicules autonomes sera également un grand challenge pour le secteur. Nombre de questions se posent aujourd’hui. Qui pilotera demain l’offre de services ? Les constructeurs automobiles, les opérateurs de mobilité ou les plateformes d’intermédiation type Uber ou Blablacar, voire les géants du Net ? Quelle autorité politique définira les règles de partage de la voirie, espace rare et convoité par tous ?
VR&T. Comment imaginez-vous les transports publics dans 25 ans ?
C. F. Favoriser l’usage plutôt que la possession d’un véhicule est une caractéristique intrinsèque des transports publics. Aussi, les transports publics sont déjà au cœur des transformations de nos sociétés développées.
Demain, ils devront donc répondre aux besoins de mobilité toujours plus importants tout en réduisant les impacts environnementaux et en garantissant sûreté, sécurité et respect des horaires aux passagers.
Accessibles à tous, les transports publics de demain sauront répondre aux besoins de mobilité de chacun 24h/24, 365 jours par an, par un renforcement de leur complémentarité et de l’intermodalité. Chaque mode sera utilisé au mieux de sa pertinence socio-économique avec une tarification et une billettique totalement intégrée qui permettra d’enchaîner les différents modes relevant d’autorités organisatrices ou d’opérateurs différents sans même que le voyageur ne le perçoive. La ville apaisée ne peut s’imaginer sans transports publics : ils seront donc au cœur de la mobilité !
Propos recueillis par
Marie-Hélène POINGT
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