Votre panier est actuellement vide !
A Metz, Indigo se prépare à gérer le stationnement de voirie à la mode madrilène
Dans l’optique de la dépénalisation au 1er janvier 2018, l’agglomération de Metz a récemment confié la gestion de son stationnement à Indigo dans le cadre d’une DSP de sept ans qui a démarré le 1er janvier dernier. Un contrat qui fait suite à celui que Suresnes a signé avec Urbis Park. Celui de Metz est bâti sur un modèle différent de celui de la ville des Hauts-de-Seine et jugé « plus complet » par Sébastien Fraisse, le directeur général adjoint d’Indigo et directeur France .
Les grandes métropoles sont mobilisées dans la mise en œuvre de cette réforme majeure du stationnement sur voirie. En témoignent les appels d’offres lancés par Bordeaux et Paris, cette dernière ayant prévu de faire trois lots de chacun 40 000 à 50 000 places et annoncé qu’elle souhaitait choisir au moins deux délégataires différents. Elle vient parallèlement de communiquer au grand public le montant envisagé pour le forfait de post-stationnement (FPS). « Les grandes métropoles sont très engagées dans le soutien de la réforme et seront prêtes pour l’appliquer », a d’ailleurs assuré le président du Gart, Louis Nègre, lors de ses vœux le 11 janvier. « A cet égard, le travail accompli par Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Nice, Metz et de nombreuses autres villes est remarquable ».
Mais si Paris a prévu de déléguer le contrôle et la verbalisation, à Metz, Indigo aura la main sur toute la chaîne. Avec dès aujourd’hui, la responsabilité de la collecte et de la maintenance des horodateurs (qui était jusqu’alors déléguée à Urbis Park), ainsi que des opérations de contrôle et de verbalisation après le 1er janvier 2018. L’opérateur se charge également des recours administratifs préalables obligatoires, c’est-à-dire des réclamations éventuelles d’automobilistes contestant le forfait de post-stationnement à 30 euros (divisé par deux en cas de paiement dans les 72 heures).
Pour le contrôle, il a prévu d’utiliser une caméra avec système de lecture automatisé des plaques d’immatriculation (Lapi) comme il le fait déjà à Madrid depuis une dizaine d’années, installé sur des voitures ou des scooters. Dans la capitale espagnole, les vérifications dans chaque artère sont faites tous les quarts d’heure permettant de contrôler 1 500 véhicules à l’heure ! Les agents de contrôle sont ensuite dépêchés dans les zones où un maximum de contrevenants ont été détectés. Leur matériel moderne portatif – le même que celui des villes disposant d’un PV électronique – leur garantit à eux aussi une belle efficacité avec 150 voitures contrôlées chaque heure. « Grâce à ce système, le taux de rotation est optimisé et le taux de respect est de 85 %, assure Sébastien Fraisse. Il ne reste que les distraits ou les plus courageux pour ne pas payer ! »
Le marché européen, plus mature qu’en France, a permis à Indigo de se positionner depuis une petite vingtaine d’années également à Bruxelles et Londres. De plus, indépendamment de la dépénalisation, le groupe exploite les horodateurs de 90 villes françaises (environ 10 % de son chiffre d’affaires). « La dépénalisation est l’occasion d’ajouter de nouvelles contributions à nos offres », poursuit Sébastien Fraisse. Les investissements restent légers : un million d’euros par exemple pour le développement de la solution logicielle du Lapi. Pour la France, Indigo a installé, fin 2015, un pilote à Boulogne-Billancourt, qui lui sert de vitrine.
Parmi les innovations vendues à Metz : de multiples moyens de paiement, notamment mobiles, ainsi qu’un éventail de services à la mobilité tels qu’abris vélos et bornes de recharge électrique. « Il faut faciliter la vie des automobilistes et non pas la compliquer », continue-t-il. Le partenariat de 2016 avec la start-up OPnGO permettra aussi de proposer un paiement automatisé au printemps 2017 dans les parcs en ouvrage : une fois le client enregistré, sa plaque est reconnue, son compte débité automatiquement. Mais aussi un service de guidage vers les zones où se garer. « Via une appli mobile un code couleur classique rouge, orange et vert, identifie les rues où l’on a le plus de chances de trouver une place », explique le directeur France.
A noter enfin que le modèle de la DSP, choisi par Metz, n’est pas banal. Les villes de Paris et de Bordeaux, dans lesquelles Indigo a été candidat, ont opté pour des marchés de prestations de services. « Dans le modèle DSP, nous portons des investissements importants dans les horodateurs et nous prenons le risque sur le trafic : si les recettes sont plus faibles que prévu, nous assumons les conséquences et pouvons perdre de l’argent… ». Quelle que soit la formule juridique retenue, l’ex-filiale de Vinci espère que sa part de marché sur le terrain du stationnement dépénalisé restera du même ordre que ce qu’il affirme détenir à ce jour sur le marché du parking. Soit 50 %.
Laisser un commentaire