La coupure de Rastatt engorge le sud-ouest de l’Allemagne et dévie le corridor Rhin – Alpes

coupure Rastatt

Rien ne passe plus sur les rails entre Rastatt et Baden-Baden, sur la rive allemande du Rhin, à cause d’un affaissement de la voie ferrée dû à des travaux portant précisément sur les infrastructures ferroviaires, à Rastatt. Et ce jusqu’au 7 octobre, au moins. C’est en tout cas ce que la DB prévoit fin août.

Pour les voyageurs, la DB a mis en place une navette par bus à haute fréquence (départ toutes les six minutes) entre Rastatt et Baden-Baden, mais indique que les temps de parcours globaux de parcours devraient être rallongés d’une heure. Et recommande de différer son voyage ou de prendre un autre itinéraire, si possible. Pour les TGV entre la France et le sud de l’Allemagne, ainsi que pour le train de nuit Paris – Moscou, c’est possible, en passant par Forbach et Mannheim au lieu de Strasbourg et Karlsruhe. Mais pour les trajets le long de la rive droite du Rhin, côté allemand, c’est difficile et les nombreux reports sur l’autoroute voisine ont vite eu fait de paralyser cette dernière. Un plan B ferroviaire, qui implique de nombreux changements et des temps de parcours plus élevés, existe aussi en passant par la rive gauche du Rhin, via Strasbourg, Lauterbourg et Wœrth.

Pour le fret européen, sur le corridor Rhin – Alpes ainsi coupé, les itinéraires de détournement ne sont ni légion, ni très pratiques : lignes non électrifiées, à voie unique ou obligeant à changer de réseau ferré (donc de réglementation, de gabarit, voire d’alimentation, etc.)

Côté français, il y a donc la rive gauche du Rhin, mais non électrifiée au nord de Strasbourg et avec un tronçon à voie unique. Ou en passant par la Lorraine, un gros détour qui a le mérite d’offrir une double voie électrifiée.

Côté allemand, l’affaissement s’est produit au pire endroit possible, qui se trouve être un point de passage obligé à l’ouest de la Forêt Noire. C’est donc à l’est de ce massif qu’il faut chercher les plans B, sur des lignes pas vraiment optimisées pour recevoir un des trafics fret les plus lourds d’Europe.

Cette coupure met en évidence la grande vulnérabilité du réseau ferré allemand – et transeuropéen – entre Bâle et Karlsruhe, section d’un axe majeur dépourvu d’itinéraire bis vraiment opérationnel. A moins d’exploiter le potentiel de la ligne de la rive gauche du Rhin entre Strasbourg, Lauterbourg et Wœrth, voire Spire et au-delà sur le réseau allemand.

P. L.