Grand Paris. La Fnaut propose l’abandon des lignes 17 et 18

Societe du Grand Paris, carte equipements et interconnexions.

Alors qu’on attend les décisions du gouvernement sur le Grand Paris, l’association des usagers des Transports d’Ile-de-France (AUT-IdF) s’est invitée dans le débat. Selon un document publié ce jeudi 26 par la Fnaut francilienne, « le projet du Grand Paris est composé de tronçons qui n’ont pas tous la même pertinence ». Comme, d’autre part, les travaux vont créer une tension sur l’indispensable modernisation des réseaux existants (en force d’ingénierie ou de BTP, en financements aussi), la fédération d’usagers aligne des recommandations assez radicales.

Elle préconise l’abandon de la ligne 18 du Grand Paris Express, que beaucoup d’experts jugent surdimensionnée. Elle estime qu’à la place, nous dit son président, Marc Pélissier, qu’un « tramway Massy – Saclay serait intéressant ». Autre abandon recommandé, la ligne 17, qui doit aller de Saint-Denis-Pleyel à Roissy-CDG et, au-delà, au Mesnil-Amelot. Peu convaincu par l’argument d’un moyen de transport adapté aux personnes travaillant à Roissy, le président de l’AUT-IdF remarque que la seule raison de faire la 17 est le projet d’immense parc de commerce et loisirs EuropaCity, prévu dans le triangle de Gonesse par Auchan avec l’appui d’un partenaire chinois, Dalian Wanda Group. Le projet a reçu un avis négatif du commissaire enquêteur, qui le juge peu compatible avec des impératifs écologiques. Surtout, Dalian Wanda Group est en délicatesse avec Pékin, ce qui n’est pas bien bon quand on est un investisseur chinois. La preuve ? Ce jeudi, le pouvoir chinois a demandé aux banques de couper les crédits au groupe. Pas sûr qu’EuropaCity s’en remette, et la ligne 17 risque de perdre une solide raison d’exister.

A la ligne de métro prévue, l’association d’usagers juge plus pertinent de substituer une forte desserte de bus, correspondant mieux à un habitat peu dense et à une zone d’emplois, autour de Roissy, elle-même très vaste. L’AUT soutient par contre la ligne 16, même si elle ne la juge pas de première priorité.

En revanche, l’association d’usagers fait le compte de projets régionaux importants, inscrits au CPER et qui sont en attente de financements. Selon elle, des projets essentiels comme les deux prolongements du tram express T11, le tram-train Massy – Evry – Versailles, les prolongements du T1, la phase 2 du T7, la connexion Massy – Valenton-Ouest, requièrent 2,450 milliards d’euros, et ne disposeraient que de 650 millions d’euros de crédits mobilisables.

Solution pour combler le trou ? Les économies dans le Grand Paris Express… Certes, ce n’est pas la même caisse, et la SGP dispose de recettes de plus de 500 millions par an fléchées sur son réseau. Mais la région ne cesse de lorgner sur ces recettes. C’était le cas de Jean-Paul Huchon, c’est celui de Valérie Pécresse. En 2013, Huchon avait été entendu, et la SGP priée par Jean-Marc Ayrault d’apporter deux milliards aux projets de la région (un milliard à Eole, un milliard à la modernisation). Mais les crédits sont consommés, et la Fnaut suggère d’avoir de nouveau recours à un dispositif si ingénieux. Marc Pélissier rappelle que quand Gilles Carrez, député, avait inventé les taxes sur les bureaux qui ont permis de financer le Grand Paris, il les destinait à l’ensemble des besoins d’investissements de transports de la région.

Autre point que soulève la fédération d’usagers. Le financement non assuré de trois gares d’interconnexion avec le futur métro : Vert-de-Maisons, Bry-Villers-Champigny et la connexion avec le RER H à Saint-Denis-Pleyel. Total : 750 millions d’euros. A la louche.

F. D.

Photo : le T7 à Athis-Mons