La RATP veut élargir son champ de bataille

Vue de Paris depuis le siege de la RATP

Une année de croissance rentable et de renforcement de la structure financière du groupe. C’est en résumé ce que retient Catherine Guillouard de 2017. La PDG de la RATP qui a pris les commandes l’été dernier a pointé un chiffre d’affaires en progression à +0,7 % (1,2 % hors effet devises), représentant plus de 5,486 milliards d’euros, et un quasi-doublement du résultat net à 339 millions.

L’activité est tirée par la hausse du trafic voyageurs de 1,3 % avec une accélération à la fin de l’année (+2,6 %). Bonne nouvelle, les touristes sont de retour ! Et le passe unique Navigo contribue aussi à la progression. « Nous avons transporté 44 millions de voyageurs supplémentaires. Dont 34 millions acheminés par le métro et le RER. Ce sont donc ces deux modes qui tirent le trafic », a souligné la patronne de la RATP. Le trafic réalisé par le tramway augmente de 2,7 %, tandis que les bus affichent une très modeste hausse de 0,2 %, pénalisés notamment par les difficultés de circulation et les travaux de voirie à Paris.

Comme chaque année, le niveau d’investissement est élevé : 1,5 milliard d’euros ont été investis l’an dernier en Ile-de-France, dont 8 712 millions sur fonds propres. Les deux volets essentiels ont été consacrés à la modernisation et à l’entretien du réseau (pour 720 millions d’euros) et au prolongement des lignes de métro et de tram (700 millions d’euros).

La contribution des filiales à l’activité du groupe représente 20,7 %, un niveau stable comparé à l’année précédente. L’année est qualifiée « d’exceptionnelle » en termes de développement pour les filiales qui affichent une croissance de leur activité de 1,3 %.
Parmi elles, RATP Dev a remporté l’appel d’offres de Lorient pour l’exploitation du réseau de bus et de navettes maritimes et a vu son contrat renouvelé à Bourges, Charleville-Mézières ainsi que pour le service PAM 91 (transport de personnes à mobilité réduite).

A l’international, citons le contrat de 20 ans remporté au Qatar avec la joint-venture RKH qui inclut aussi Keolis et Hamad Group pour le métro automatique de Doha et le tramway de Lusail. Ou encore la gestion du réseau de transport d’Asheville en Caroline du Nord ou celle des bus à Lake County en Floride, qui permet de poursuivre le développement aux Etats-Unis.

Tout cela permet d’être « raisonnablement confiant et en ordre de marche pour réaliser les objectifs de l’entreprise », a souligné Catherine Guillouard. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2025 (mais l’année dernière, Elisabeth Borne qui était alors aux commandes évoquait cette perspective en 2020) avec une contribution des filiales supérieure à 35 %.

Parmi les perspectives évoquées pour le groupe, la RATP va continuer à chercher à se développer en France (à Angers, Brest ou Chambéry et Nîmes où des réponses sont attendues en 2018 et 2019), et tout particulièrement en Ile-de-France où elle est candidate avec Keolis à l’exploitation de CDG Express. A l’international, elle aimerait mettre un pied au Canada et voit de belles perspectives en l’Algérie, au Maroc (Casablanca) et en Argentine (Buenos Aires).

« Le groupe ne s’interdit rien », affirme Catherine Guillouard, faisant allusion à l’ouverture à la concurrence qui va bientôt devenir effective dans le transport ferroviaire. RATP Dev a d’ailleurs répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en début d’année par la région Paca pour trois lignes de TER (voir Dix candidats sur les rangs pour l’exploitation des TER de Paca… et une surprise).
A l’avenir, le groupe veut aussi accélérer dans le digital et l’innovation (notamment les véhicules autonomes) et continuer à investir dans les start-up (15 millions d’euros sont prévus pour cette année).

Côté matériel, RATP poursuit son plan bus, qui passe avant tout par la transformation de ses dépôts, avant même d’avoir tous les nouveaux bus, pour lesquels les choix sont faits (les deux tiers devant fonctionner à l’électricité, le reste au biogaz).

M.-H. P.