exercice de lucidité sur un cercle infernal, ses causes et les moyens d’en sortir par bruno meignien, chargé d’études ferroviaires au cerema entre dégradation de l’infrastructure, faiblesse des trafics et importance des subventions, une partie considérable du réseau ferroviaire reste menacée. malgré les efforts des régions, la pensée dominante se résume toujours par la formule « pas de trafic → pas de potentiel → pas d’avenir ». cette tribune vise à montrer que l’on confond causes et symptômes – ces derniers étant mal mesurés – dans un jeu d’acteurs qui n’incite pas à rechercher l’optimum. nouvelle évaluation du réseau et amélioration de l’exploitation sont des préalables indispensables avant de statuer au cas par cas sur le potentiel et donc l’avenir des petites lignes. pour chacune d’entre elles, cet avenir est clair : la fermeture pure et simple, ou l’utilisation maximale et optimale des moyens à disposition, compte tenu de la demande. conserver des actifs coûteux pour quelques circulations quotidiennes rend l’effort public par voyageur insensé. mais encore faut-il raisonner en centimes d’euro par voyageur.km et non pas en euros par train-km. et intégrer dans notre culture ferroviaire la place centrale…