Smovengo propose une issue à la crise des Velib’

VLS Smoove Smovengo

« La situation est mauvaise, pas acceptable », a reconnu le 3 mai Jorge Azevedo, le directeur général de Smovengo, la société qui a repris à JCDecaux, depuis le début de l’année, l’exploitation du vélo en libre service Vélib’ dans des conditions catastrophiques. Mi-avril une grève d’une partie de ses employés a contribué à paralyser un peu plus le service déjà perturbé par de multiples dysfonctionnements. Sommé par les élus de la Ville, de la Métropole du Grand Paris et du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole de leur présenter un plan de sortie de crise, Smovengo a donc présenté un programme en trois temps.

Premier axe : Smovengo s’est engagé à retirer et remplacer les quelque 3 000 vélos sur les 9 000 déployés, qui ne sont pas « fonctionnels ». Cela devait être fait dès cette semaine. Autre décision : l’arrêt d’ouverture de stations fonctionnant sur batteries, mises en place pour pallier les problèmes de raccord au circuit électrique car elles posent trop de problèmes de maintenance. « Désormais, toutes les nouvelles stations seront électrifiées », a annoncé Jorge Azevedo. Le rythme d’électrification des stations s’est intensifié, a aussi indiqué Smovengo : 300 stations sont aujourd’hui raccordées au réseau sur 670 stations ouvertes.

Par ailleurs, la société Smovengo (composée des Français Mobivia, Indigo et de l’Espagnol Moventia) a décidé de stopper deux innovations qui étaient emblématiques du service et représentaient un saut technologique par rapport au Vélib’ de Decaux : d’une part, elle retire temporairement les vélos à assistance électrique en attendant que l’ensemble des stations soient totalement électrifiées. D’autre part, elle suspend son dispositif d’accroche des vélos qui permettait de laisser un vélo en station même quand celle-ci n’avait plus de places disponibles. Son fonctionnement n’a pas été bien compris et risquait de saturer les stations, reconnaît Smovengo qui annonce par ailleurs un renforcement de son dispositif de communication envers les usagers, conformément à la demande des élus de la métropole. Ce qui passe par des « ambassadeurs » envoyés dans les stations, de nouveaux supports de communication et une pédagogie renforcée vis-à-vis des utilisateurs.

L’objectif pour la fin juin est d’avoir 800 stations à 80 % électrisées. On sera alors encore loin des 1 400 stations qui étaient attendues pour la fin mars. La mise en place du projet dans sa totalité et avec toutes ses fonctionnalités est repoussée à moyen terme par le biais d’un « plan de redéploiement », une fois le fonctionnement du service « stabilisé ».

M.-H. P.