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Accord pour le rachat de Solaris par CAF

Même si les rumeurs disaient Solaris en vente depuis plusieurs mois, l’accord intervenu le 2 juillet pour le rachat de ce constructeur polonais de bus, trolleybus et tramways par CAF, producteur de matériel roulant ferroviaire, a pour le moins surpris les spécialistes du transport public.
Sous réserve d’une approbation par les autorités chargées de la concurrence en Pologne et en Allemagne, le rachat de 100 % du capital de Solaris par CAF devrait intervenir en septembre prochain. CAF entrerait alors sur le marché de l’autobus, démarche présentée par le constructeur comme « une augmentation et une diversification de notre offre de transports au-delà du ferroviaire ». Si ce type de diversification n’est pas courant pour un constructeur ferroviaire (Skoda construit des trolleybus depuis longtemps, alors qu’Alstom a récemment lancé son bus Aptis, coréalisé avec NTL), cette démarche s’inscrit dans un « plan stratégique vers le leadership européen des systèmes de mobilité urbaine durable », déclare CAF d’emblée. « En particulier », il s’agit de développer la « mobilité électrique et les services de transport multimodal porte à porte » : ce calcul prend tout son sens dans la mesure où les acteurs du marché s’attendent à une explosion de la demande en bus électriques (45 % du marché européen en 2020). Ceci alors que CAF a mis sur pied une filiale nommée Vectia, justement spécialisée dans le développent de solutions hybrides et électriques de transport urbain, et à laquelle l’accord avec Solaris ouvre de nouveaux horizons.
De son côté, outre les bus diesels et au gaz, Solaris se place parmi les pionniers de l’électromobilité avec ses trolleybus Trollino ou des versions à batteries, pile à combustible ou hybrides des bus Urbino. Adaptée à tous les modes de recharge, la version électrique de l’Urbino a d’ailleurs été couronnée « Bus de l’année » 2017.
Pour ce qui est des gammes offertes par CAF et Solaris, on peut vraiment parler de complémentarité, les seuls chevauchements entre les catalogues des deux entreprises se situant au niveau des tramways, marché sur lequel Solaris est entré il y a dix ans. Entreprise fondée en 1996, Solaris a eu le temps de trouver 700 clients dans 32 pays, avec une présence particulièrement forte en Pologne, en Allemagne (son premier marché à l’exportation), en Italie, dans les pays nordiques et les pays baltes. De quoi ouvrir de nouveaux marchés au Groupe CAF, dont le PDG Andrés Arizkorreta indique toutefois « vouloir garder et développer la précieuse marque Solaris et maintenir son caractère polonais ».
Reste que Solaris, avec ses 2 300 salariés et deux sites de production en Pologne, est clairement plus petit que CAF (plus de 7 000 salariés), le chiffre d’affaires annuel de ce dernier étant de l’ordre du milliard et demi d’euros (1 477 millions en 2017), trois à quatre fois celui de Solaris (444 millions en 2017). A noter que si CAF effectue une remontée depuis 2015, son CA reste 14 % en dessous de celui des années 2011 et 2012, alors que le CA de Solaris affiche une croissance constante depuis 2012 (+42 %). Mais tous deux affichent actuellement une croissance « à deux chiffres » et CAF s’attend pour 2018 à un CA nettement supérieur au cumul des deux en 2017.
P. L.