Votre panier est actuellement vide !
Paris : des bus qui ne vont plus qu’à 8 km/h…

Les Parisiens massés sur les Champs-Elysées ont regretté que le bus à impériale transportant les champions du Monde descende trop vite l’avenue. C’est un reproche qu’on adresse rarement aux bus parisiens. Ils roulent très mal, et Ile-de-France Mobilités s’en inquiète. Un rapport voté le 11 juillet par le conseil d’IDF M, que VR&T a pu consulter, fait le point sur la mise en œuvre du programme de refonte des bus adopté le 6 décembre 2016.
Selon le document de l’autorité organisatrice « après de nombreux échanges, le projet d’exploitation étudié par la RATP a été transmis à Ile-de-France Mobilités de 16 mai 2018 ». Et « cette première version a mis en évidence la problématique des vitesses commerciales des bus. L’opérateur a en effet construit une offre de transport sur des temps de parcours dégradés. Les vitesses retenues à l’heure de pointe du soir marquent un recul très significatif au regard des vitesses de référence du contrat Stif – RATP 2016-2020, certaines lignes majeures subissant une vitesse commerciale à l’heure de pointe particulièrement faible, de l’ordre de 8 km/h. Ce recul présente ainsi, en moyenne, près d’un km/h de baisse par rapport à la vitesse contractuelle ». IDF-M déplore « une non-production de près de 8% de l’offre kilométrique programmée (équivalente au non-fonctionnement quotidien de cinq lignes de bus) ».
Pour la RATP (toujours selon le rapport d’Ile-de-France Mobilités), « ces vitesses traduisent les difficultés grandissantes de circulation dans Paris ».
Catherine Guillouard s’en était d’ailleurs inquiétée devant le Club VR&T, le 24 avril dernier. Aujourd’hui, disait-elle, « nous sommes proches de la barre des 10 km/h dans Paris. Il y a plusieurs causes : les travaux, l’encombrement des carrefours, les incivilités multiples (60 000 PV en 2017 dans les couloirs de bus). Nous travaillons avec la préfecture de police et la Mairie de Paris pour aider à développer la vidéoverbalisation ».
Aussi jugeait-elle, indispensable, avant de remettre son projet d’exploitation à IDF Mobilités, qu’il soit « soit fondé sur la réalité opérationnelle constatée ». Et insistait sur une autre raison expliquant les mauvaises performances. « Il faut que les aménagements de bus soient réalisés, et cela dépend de la Ville de Paris. C’est structurant, puisqu’il y a plusieurs centaines de points d’arrêt à changer. » C’est aussi ce qu’on pense à l’AO.
Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, à son tour reçu par le Club le 6 juillet, s’est voulu rassurant, et a confirmé que tout serait prêt pour avril 2019. Tout en avançant que cela ne servirait à rien de réaliser des aménagements conçus pour une nouvelle offre avec des bus supplémentaires, tant que lesdits bus ne sont pas arrivés…
Ce dernier argument n’est pas très rassurant. On a l’impression qu’on se prépare moins à réaliser le programme dans les temps qu’à montrer que si on n’y arrive pas, c’est plutôt la faute au voisin… En fait, certains représentants des usagers craignent le pire : qu’on rate le rendez-vous du printemps 2019, et qu’on ne fasse rien avant longtemps. Les municipales sont attendues pour le printemps 2020. Cela va être risqué de se lancer peu de temps avant l’échéance dans des travaux gênants, dont le bénéfice ne se fera sentir qu’après le vote. Comme argument de campagne électorale, on fait mieux. Certes, il y a encore un peu de temps avant la campagne. Mais, remarque-t-on à l’AUT-IDF, les services de la voirie de la Ville sont déjà bien occupés par les aménagements vélos. Et on observe que, parmi les travaux prévus cet été, rien ne concerne les bus.
F. D.