Les constructeurs veulent « verdir » les trains

TER Nouvelle Aquitaine

Intervenant le 27 septembre lors d’une table ronde sur le transport ferroviaire organisée à Marseille dans le cadre du Congrès des Régions, Laurent Bouyer, le président de Bombardier Transport France, a insisté sur l’intérêt de convertir les TER les plus anciens roulant en France plutôt que de lancer de nouveaux matériels. « 50 % du réseau en France n’est pas électrifié mais il ne représente que 20 % des circulations, rappelle-t-il. Il faut s’interroger sur le coût de lancement de nouveaux matériels, alors qu’environ un millier de trains vont devoir subir des opérations de rénovation mi-vie à partir des années 2020 », ajoute-t-il. Bombardier, qui a présenté en marge d’InnoTrans son nouveau train Talent 3 avec ses batteries électriques embarquées pour le Bade-Wurtemberg (sud de l’Allemagne), devrait dévoiler prochainement ses solutions pour faire évoluer les TER existants.

De son côté, Alstom a aussi profité d’InnoTrans pour présenter sa stratégie sur ce thème du « verdissement » des matériels. Le 16 septembre, deux jours avant l’ouverture du grand salon ferroviaire de Berlin, Alstom inaugurait la mise en service commercial de son train à hydrogène, le Coradia iLint sur le réseau Elbe-Weser en Basse-Saxe (nord de l’Allemagne), soit un parcours de plus de 100 km. Le lendemain, le constructeur annonçait un accord avec la SNCF et trois régions françaises (Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie) afin de « concevoir le premier TER hybride ».

Selon Jean-Baptiste Eyméoud, le président Alstom France, il s’agit de « modifier un train pour qu’il commence à rouler en 2020, peut-être en Occitanie. La moitié des moteurs diesels sera remplacée par des batteries lithium de grande capacité ». Une expérimentation va être menée pendant un an et demi avec une première rame Régiolis Alstom.

Le TER hybride pourra combiner différentes sources d’énergie en fonction des situations : alimentation électrique par caténaire, moteurs thermiques et énergie stockée dans les batteries, avec l’objectif de limiter le diesel au maximum et de réduire de 20 % la consommation énergétique. Ses promoteurs en attendent aussi de sérieuses économies en coûts d’entretien. « Les régions apportent trois millions d’euros chacune tandis que la SNCF et Alstom vont investir près de quatre millions chacun », précise Jean-Baptiste Eyméoud.

D’autres régions pourraient prochainement se montrer intéresser par cette expérimentation, à commencer par Centre-Val de Loire, ajoute-t-on côté Alstom. Le déploiement en série est envisagé à partir de 2022. Des centaines de trains circulant déjà en France pourraient ainsi être transformés, souligne Alstom.

Cette nouvelle génération du train Régiolis sera conçue et produite par le site de Reichshoffen, tandis que Tarbes travaillera sur la chaîne de traction et Villeurbanne sur l’informatique embarquée.

M.-H. P.