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« L’appel à manifestation d’intérêt nous a permis de mieux connaître les opérateurs »

Philippe Tabarot, le vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, délégué aux Transports et à la Sécurité, dresse un bilan de l’appel à manifestation d’intérêt lancé en début d’année pour sonder le marché sur l’ouverture à la concurrence dans les TER.
Ville, Rail & Transports. Où en est l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la région ?
Philippe Tabarot. Nous sommes entrés dans la dernière phase de notre appel à manifestation d’intérêt (AMI). C’est une phase plus politique, l’occasion d’échanger et d’obtenir des réponses aux questions que nous nous posons. Je vous rappelle que cet AMI n’engage en rien. Cette démarche est l’occasion de mieux connaître les opérateurs et de mieux connaître notre réseau. Nous appliquerons la loi et attendrons les décrets d’application pour lancer dès que possible le vrai appel d’offres.
Nous verserons 30 000 euros aux opérateurs pour les rembourser en partie des frais engagés.
V R&T. Avec combien d’opérateurs avez-vous finalement échangé ?
P. T. Sur les dix candidats qui se sont présentés initialement, huit ont présenté des dossiers correspondant à notre demande : Transdev, RATP Dev, Thello, RDT 13, RegioRail, Arriva, Bombardier et Alpha Trains. Notre AMI s’adressait en effet soit à des entreprises ferroviaires, soit à des entreprises en lien avec le ferroviaire, notamment avec la maintenance et le matériel.
Quant à MTR, ses responsables nous ont écrit une lettre d’intention mais sans répondre exactement à ce que nous demandions. Et Keolis n’a pas donné suite, après avoir manifesté un grand intérêt…
VR&T. Les propositions avancées par les opérateurs vous ont-elles semblé novatrices ?
P. T. Nous avons découvert beaucoup d’idées intéressantes sur le matériel, la distribution, la sécurité… Nous avions proposé à titre indicatif trois lots que nous pourrions ouvrir à la concurrence. Nous avons donné la possibilité aux opérateurs de nous dire s’ils étaient intéressés par d’autres lots. En résumé, ils nous ont dit qu’ils étaient très intéressés par notre réseau, que cela leur permettrait de se développer ailleurs s’ils sont retenus, et qu’ils attendent maintenant de voir ce qu’il va ressortir des négociations entre l’UTP et les organisations syndicales, notamment sur la question des transferts de personnel de la SNCF.
VR&T. Où en est le contentieux avec la SNCF ?
P. T. Les discussions ont repris avec la SNCF. Nous voulons retrouver une bonne qualité de service, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Dans le cadre de notre différend financier, la SNCF nous bloque sur deux dossiers, l’un concernant le nouveau centre de maintenance de Nice dont nous avons besoin, l’autre sur une commande de matériel de 170 millions d’euros. La SNCF ne veut pas avancer sur ces deux dossiers tant que nous n’aurons pas réglé notre contentieux. C’est inacceptable ! On ne peut pas prendre ainsi en otage les usagers. Malgré tout, nous travaillons à la sortie de crise.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt