Pécresse fait un geste pour les seniors, Hidalgo pour les juniors

Un nouveau forfait Navigo Senior annuel à 37,60 euros par mois sera mis en place d’ici la fin de l’année 2019. Soit 50 % du tarif d’un passe Navigo dont le tarif est maintenu. Le nouveau forfait est destiné aux Franciliens de plus de 65 ans qui ne bénéficient pas de la carte Améthyste. La présidente d’Ile-de-France Mobilités l’a annoncé le lundi 21 janvier en présentant ses vœux. « Aujourd’hui les Franciliens de plus de 65 ans et payant des impôts sont les grands oubliés de la tarification des transports en commun », estime Valérie Pécresse, qui a décidé de mettre fin à cette « injustice tarifaire ». Le forfait Améthyste, destiné aux retraités non imposables, concerne 265 000 Franciliens. Celui qui vient s’y ajouter en concernera lui, 120 000. Le coût de la mesure pourrait atteindre 40 millions d’euros.

Dix jours plus tôt, Anne Hidalgo avait décidé de rendre les transports publics gratuits pour les enfants parisiens de 4 à 11 ans ainsi que pour les handicapés de moins de 20 ans. La maire de Paris avait également décidé de rembourser à hauteur de 50 % le passe Navigo des collégiens et lycéens, en complément du coup de pouce déjà accordé par la région, et de proposer gratuitement l’abonnement Vélib’aux Parisiens de 14 à 18 ans.

C’est en janvier 2018 qu’elle avait annoncé la mise en place d’un passe Navigo gratuit pour les Parisiens de plus de 65 ans, touchant moins de 2 200 euros par mois. Une mesure s’adressant à 200 000 personnes âgées. « Les seniors sont un peu les oubliés de l’Etat et de la région en matière d’aides à la mobilité », avait-elle alors commenté.

Voici donc cet « oubli » par deux fois réparé.

Les présidents des départements de grande couronne, Essonne, Yvelines, Seine-et-Marne, et Val d’Oise (tous de droite) ont réagi négativement aux annonces d’Anne Hidalgo concernant les jeunes. « Alors que les familles des classes moyennes fuient Paris, devenu trop cher, pour s’installer en grande couronne, il aurait été plus pertinent de proposer une aide aux habitants des départements concernés, qui souffrent de temps de transport à rallonge et de conditions de déplacements catastrophiques », écrivent-ils dans un communiqué. Et ils expriment leur « stupeur », alors qu’Anne Hidalgo dans un entretien à Libération « réclame le transfert à la Métropole du Grand Paris (MGP) de compétences aujourd’hui assumées par Ile-de-France Mobilités en lien avec les départements. Il suffit pourtant d’observer un plan de transport pour s’apercevoir que les lignes de RER, de Transilien et de bus vont bien au-delà du périmètre restreint de la MGP ». Quant aux élus Les Républicains de Paris, ils dénoncent des mesures électoralistes, et au coût largement sous-évalué : 51 millions d’euros selon eux pour les 4-11 ans, au lieu de cinq millions d’euros annoncés par la maire de Paris (elle parle en fait de 15 millions en année pleine).

A l’inverse, les élus Alternative Ecologiste et Sociale de la région ont bien réagi à l’annonce de Valérie Pécresse, rappelant qu’ils « ont appelé [cette mesure] de leurs vœux à de multiples reprises ». Et ils demandent d’aller au-delà : « Il est important de mieux penser la tarification sociale, de l’élargir et de la rendre plus juste. En n’oubliant pas de redonner aux étranger·es en situation de précarité les mêmes droits que pour les autres personnes sans ressources. Nous attendions un effort de solidarité plus sérieux, au moins comme celui que la Ville de Paris vient de décider par exemple pour les enfants et certaines catégories de personnes en difficulté », estime Pierre Serne, administrateur du Stif et ancien vice-président aux transports franciliens.

Approuvées ou contestées, l’ensemble des mesures annoncées en début d’années ont au moins deux points communs. Chacune vise sa clientèle électorale, les retraités pour la droite, les parents actifs pour la gauche. Et toutes ont pour but d’inciter les Parisiens ou l’ensemble des Franciliens à laisser la voiture au garage. Comme le veut la signature des pubs d’IDF M, #OnYva, même si c’est cahin-caha.

F. D.