L’Auvergne-Rhône-Alpes « obtient » deux milliards d’euros pour le Lyon – Turin

Pas de discours, mais de l’argent. Alors que le Lyon – Turin fait l’objet d’une polémique en Italie, côté français, la région Auvergne-Rhône-Alpes s’active pour (re)booster le projet de liaison ferroviaire. Considérant que l’argent est le nerf de la guerre, la région vient d’obtenir l’accord de l’Union Européenne pour financer 50 % des voies d’accès au tunnel de base international. Soit deux milliards d’euros sur les quatre milliards (revus à la baisse) nécessaires à l’aménagement des voies d’accès au tunnel de base international*.

L’accord a été obtenu le 14 février à Bruxelles lors d’une réunion entre la DG Transports de la Commission Européenne et Etienne Blanc, 1er VP de la région en charge du dossier. Le 18 février, Laurent Wauquiez, président de région, a écrit à Elisabeth Borne pour porter officiellement la demande de financement auprès de l’UE. Jusqu’à présent, l’UE s’était engagée à financer la moitié environ du tunnel de base et de la section italienne. « C’est la première fois que l’Europe s’engage financièrement sur les accès au tunnel de base, c’est une décision fondamentale pour relancer le Lyon – Turin », se félicite Etienne Blanc. Alors que le rapport Duron repoussait la construction des voies d’accès « au-delà de 2030 », l’initiative régionale permettrait de démarrer plus tôt cette section française comprise entre l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry et Saint-Jean-de-Maurienne.

Le projet nécessite quand même une révision du coût initial de 7,7 milliards d’euros à quatre milliards d’euros, rendue possible selon Etienne Blanc par un phasage décalé de la construction des quatre tunnels (Glandon, Belledonne, Chartreuse, L’Epine). Une étude approfondie devrait valider d’ici un an ce tour de force technique et financier. Outre l’aide européenne, la région, avec les départements et les grandes agglomérations, se fait fort d’apporter un milliard d’euros, en escomptant un milliard de l’Etat. Très optimiste?

Claude Ferrero

* Coût : 7,7 millions d’euros pour les voies d’accès/section française, 8,6 millions d’euros pour le tunnel transfrontalier, 1,7 million d’euros pour la section italienne.