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Dijon se met sous surveillance

Big brother vous regarde. A Dijon, avec l’inauguration le 11 avril du centre de pilotage connecté, le projet de ville intelligente voulu par la métropole met sous surveillance de larges pans de l’espace public.
115 caméras sont pour le moment installées sur le territoire pour veiller à la sécurité dans les lieux publics et connectées au centre de pilotage. Il est prévu qu’en plus du renouvellement de 269 caméras, dix nouvelles caméras soient implantées chaque année.
Les images sont visionnées sur des écrans géants dans deux PC installés au sein d’un bâtiment s’étendant sur 1200 m2 et rassemblant une cinquantaine de personnes. Ces deux postes remplacent les six PC qui existaient auparavant et ne servaient que pour la ville de Dijon. Ils gardent l’œil sur les va-et-vient dans les 23 communes constituant la métropole dijonnaise. Il est aussi prévu que l’équipe Divia (Keolis) qui gère l’ensemble des mobilités de la métropole (tramway, bus, vélos et parkings) s’installe dans les locaux cet automne.
Il aura fallu 14 mois pour implanter le dispositif. Le contrat, signé pour 12 ans avec le groupement mandaté par Bouygues et rassemblant Suez, Capgemini et Citelum (groupe EDF), a en effet démarré le 1er février 2018. 105 millions d’euros sont prévus pour réaliser cette opération baptisée OnDijon, dont 53 millions d’euros d’investissement, le reste en dépenses de fonctionnement.
« Le point de départ de notre réflexion était d’améliorer le cadre de vie de nos concitoyens et le fonctionnement des services publics. C’est en voulant résoudre ces questions que nous avons imaginé ce dispositif », explique François Rebsamen, le président de la métropole, également maire de Dijon. « Le projet permet aussi d’assurer plus efficacement la sécurité et la sûreté des espaces publics », ajoute l’élu.
Le dispositif permet de piloter à distance les feux de circulation, l’éclairage public, les bornes d’accès ou la vidéoprotection. OnDijon répond ainsi tout à la fois à des objectifs de mobilité, d’entretien de la voie publique (encombrants, travaux…), et d’intervention permettant de combiner différents services. Les véhicules de service sont géolocalisés, tout comme les équipements qui disposent d’une sorte de fiche d’identité, résumant leur état et leur historique. 140 km de fibre optique ont ainsi été déployés pour connecter les 23 communes du territoire et leurs objets urbains. Enfin, un centre d’appels répond aux appels et demandes des habitants (en moyenne 650 appels téléphoniques par jour).
La métropole a adopté le système Prioribus qui permet de donner la priorité aux bus aux 113 carrefours dotés de feux tricolores connectés. Pour améliorer le stationnement, les aires de stationnement minute ou de livraison vont être équipées de capteurs qui mesureront en temps réel leur temps d’occupation et leur disponibilité. En cas de stationnement abusif, le capteur l’indiquera à la police municipale.
Plus tard, le citoyen pourra, avec son smartphone signaler un problème sur la voie publique. De son côté, le groupement s’est engagé sur une disponibilité des équipements informatiques de 99 %.
Selon les promoteurs du projet, OnDijon va permettre de conséquentes économies qui permettront elles-mêmes de financer de nouveaux services numériques. Il devrait être possible de réaliser 65 % d’économie d’énergie grâce aux LED qui vont être installés et de diviser par deux les coûts d’entretien. « L’éclairage devient intelligent avec l’utilisation des LED qui permettent une programmation en fonction des heures et des fréquentations. Les capteurs de mouvement permettront d’augmenter l’intensité lumineuse en fonction de l’utilisation de l’espace public », souligne la directrice générale de Citelum, Carmen Munoz.
Le projet représente aussi une formidable vitrine pour Dijon et les industriels partenaires, qui espèrent que d’autres villes franchiront le pas. En France ou ailleurs dans le monde. « C’est le premier projet de métropole intelligente de cette envergure », assure Jean-Louis Chaussade, le directeur général du groupe Suez.
Que se passera-t-il à l’issue du contrat dans 12 ans ? La collectivité est propriétaire des données et les logiciels sont ouverts. La collectivité pourra choisir soit de continuer soit de faire évoluer le système, affirment les industriels.
Marie-Hélène Poingt