Collision de Millas : le BEA-TT exonère la SNCF

Epilogue d’une affaire douloureuse, le 17 mai, le Bureau d’enquête sur les accidents de transports terrestres (BEAT-TT) a rendu ses conclusions sur les causes de l’accident, qui avait coûté la vie à six adolescents et blessé gravement 18 autres personnes en décembre 2017, lors de la collision d’un autocar scolaire et d’un TER sur le passage à niveau de Millas dans les Pyrénées-Orientales.

Alors que la conductrice avait mis en cause le fonctionnement des barrières, et avait été soutenue par son entreprise, puis par une pétition en ligne, les enquêteurs ont démontré « qu’il n’y a pas eu de dysfonctionnement de la circulation ferroviaire, ni dans le déclenchement des équipements du PN 25 ». Ils donnent ainsi raison à la SNCF, qui – fait rare – avait très vite réagi, laissant entendre que les équipements avaient correctement fonctionné.

La conductrice mise en cause

Les experts pointent la responsabilité de la conductrice. Ils estiment en effet que « la cause directe de cet accident est le non-arrêt de l’autocar au passage à niveau malgré les feux rouges clignotants et la barrière qui l’imposaient ». Le scénario « le plus probable », poursuivent-ils, « est la non-perception par la conductrice de l’état fermé du passage à niveau malgré la signalisation en place ».

Quelques jours avant la publication de ce rapport, la ministre des Transports avait annoncé le 3 mai, un plan d’action pour améliorer la sécurité aux passages à niveau. Se basant sur un rapport commandé peu après le drame à Laurence Gayte, députée LREM de la circonscription où avait eu lieu l’accident, Elisabeth Borne propose d’augmenter de 40 % les moyens consacrés à la sécurisation des passages à niveau en portant les crédits de 32 millions d’euros en 2018 à 45 millions d’euros en 2022. Ce qui permettra notamment d’augmenter de 30 % le nombre de passages à niveau « qui sont simplement signalés sur la route mais qui ne sont pas protégés et qu’on va équiper avec des barrières automatiques », avait alors expliqué Elisabeth Borne.

Avant tout des accidents de la route

Rappelons que 42 personnes ont perdu la vie dans des accidents à des passages à niveau en France en 2017, puis 16 en 2018. La quasi-totalité des accidents de passage à niveau est imputable au non-respect de la signalisation routière, rappelle le ministère des Transports.

M.-H. P.

Pour consulter le rapport du BEA-TT : c’est ici

Pour le rapport de Laurence Gayte sur l’amélioration de la sécurité des passages à niveau,  lire ici