« Le système britannique n’est pas parfait, mais il mérite mieux que la commisération qui est de règle en Europe continentale »

De nombreux voyageurs sur un quai en gare de Tottenham Hale en Angleterre.

Par Michel Quidort, président de la Fédération Européenne des Voyageurs (FEV).

Le président de la FEV a souhaité réagir après la publication d’une tribune de Loïk Le Floch-Prigent dans le numéro VRT de décembre 2019.

Michel Quidort (FNAUT).

Monsieur Le Floch-Prigent (VRT de décembre 2019) considère que l’expérience ferroviaire britannique a été « un échec cinglant ». Il ignore manifestement les faits suivants :

• selon les statistiques de l’UIC, le réseau britannique est aujourd’hui le second en Europe en matière de sécurité (les quelques accidents spectaculaires survenus il y a vingt ans étaient liés à un sous-investissement dans les infrastructures qui a largement précédé la réforme ferroviaire) ;

• en une quinzaine d’années, la quasi-totalité du matériel roulant britannique a été renouvelée ;

• le taux de satisfaction des voyageurs tourne autour de 80 % ;

• le coût élevé des billets est une tradition qui relève d’un choix politique bien antérieur à la réforme ferroviaire, il caractérise aussi les transports urbains ;

• tout retard supérieur à 15 minutes est automatiquement compensé financièrement par la compagnie ferroviaire concernée, pour les grandes lignes comme pour la banlieue de Londres. Et les voyageurs retardés sont dédommagés automatiquement ;

• enfin, et c’est le meilleur critère, la fréquentation du réseau croît régulièrement, elle est passée de 761 millions de voyageurs en 1995 à 1 759 millions en 2018 ; quant au trafic de fret (hors charbon), il est passé de 55 millions de tonnes en 1993 à 70 millions en 2016.

Un échec cinglant ? Le système britannique n’est pas parfait, mais il mérite mieux que la commisération qui est de règle lorsqu’on l’évoque en Europe continentale.