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Le RER E avance à petits pas

Le RER E avance. Mais plus lentement que prévu. La RATP a annoncé à la fin de l’année dernière que le RER E arrivera avec six mois de retard à La Défense et à Nanterre : le prolongement sera mis en service mi-2023 au lieu de la fin 2022. Malgré tout, c’est dans l’ouest parisien que la SNCF engage son plus gros chantier. Le RER E, aujourd’hui terminus Haussmann-Saint-Lazare depuis Chelles et Tournan, se prolonge vers Mantes-La-Jolie sur les voies de la ligne J. Point fort de cette nouvelle ligne, 4 km de souterrain à creuser avec trois nouvelles gares à Porte-Maillot, La Défense et Nanterre-La-Folie. C’est sans aucun doute La Défense qui présente les plus grandes difficultés. Etonnement, c’est sous le parking du CNIT, dans un environnement extrêmement délicat et contraint, qu’on creuse la future gare. Ce site offre d’excellentes correspondances avec les autres lignes existantes.
Pour dégager le volume de la boîte, les fondations de l’ancien bâtiment de 65 000 tonnes ont été reprises pour reposer sur une dalle de 2 à 3 m d’épaisseur (de 35 000 tonnes) soutenue par soixante piliers de 22 m de haut (dont seule une vingtaine sera visible par les voyageurs). A deux ans à peine de la mise en service, les travaux de terrassement s’achèvent et il ne reste plus que 2 ou 3 m avant d’arriver au fond de l’ouvrage à 27 m de profondeur.
Avec plus de 200 ouvriers employés 24 h/24, le chantier est une immense ruche où s’activent les engins de terrassement rythmés par un ballet continuel de camions. Il y a un million de tonnes de déblais à évacuer, (170 000 m3 pour La Défense) ce qui représente 200 à 300 camions par jour. Pour éviter cette circulation en milieu urbain, une conduite de marinage de 0,60 m de diamètre a été installée à 6 m du sol entre le tunnel et la Seine où des barges reçoivent directement les matériaux extraits du chantier. Cette opération est réalisée dans le plus grand silence, ce qui doit étonner les riverains. Moins spectaculaires, les différents couloirs d’accès réalisés « à la petite cuillère » à partir des ouvrages existants, constituent l’autre défi de ce chantier hors norme.
La future gare imaginée par Setec Egis Duthilleul sera constituée d’un large quai central de 25 m, étiré sur 225 m qui donnera accès aux deux voies. Le bambou sera à l’honneur sur le sol et les plafonds, complété par le verre qui reflétera la lumière.
Philippe-Enrico Attal