Le vélo doit être pris en compte dans la future loi Climat demande Pierre Serne

Velo pistes villes cyclables

« Pour l’année 2020, le bilan est positif mais il doit être consolidé. » C’est, en résumé, les conclusions de l’étude menée par le Club des villes et territoires cyclables sur les aménagements de transition en faveur du vélo dans les déplacements du quotidien. Présentée le 9 février, l’étude a été réalisée auprès de 148 collectivités de toutes tailles (soit plus de 31 millions de Français concernés), un tiers d’entre elles ayant une dominante rurale. Selon 65 % des collectivités, la crise sanitaire a renforcé et accéléré leur politique cyclable, y compris dans des collectivités qui n’étaient pas prêtes ou en capacité de créer des aménagements cyclables et/ou piétons de transition. Une sur cinq annonce vouloir se lancer dans des plans vélo et des schémas directeurs.

« Malgré le contexte exceptionnel que l’on sait, les aménagements de transition ont permis en 2020 d’ancrer de façon accélérée la place du vélo dans les mobilités quotidiennes », constate Pierre Serne, président du Club des Villes et territoires cyclables, également conseiller d’Ile-de-France. En tout, « 60 à 70 % des 1 000 km de pistes annoncées ont été réalisés. 84 % des collectivités se sont engagées dans un ou plusieurs projets d’aménagements et parmi elles, 87 % prévoient de les pérenniser, voire de les étendre. Après l’année exceptionnelle qu’a été 2020 pour le vélo, 2021 doit permettre de cranter toute une série d’avancées et notamment la pérennisation des centaines de kilomètres d’aménagements cyclables de transition. »

L’élu estime que la marge de progression est immense « quand on sait que 60 % des déplacements domicile-travail de moins de cinq kilomètres sont faits en voiture. Au-delà, nous voulons que 2021 soit l’année de véritable lancement de la mise en œuvre concrète du “savoir rouler” dans les écoles et collèges. Nous avons aussi des attentes fortes en matière de sécurité des cyclistes, domaine dans lequel des progrès doivent être rapidement faits. La question de la montée en puissance des financements pour le vélo en appui des territoires est évidemment plus fortement posée que jamais ».

C’est pourquoi une action est lancée avec le Club des élus nationaux pour le vélo (67 parlementaires adhérents actuellement) afin de mobiliser députés et sénateurs pour consolider la place du vélo dans les futurs projets de loi. Parmi ceux-ci, celui issu des propositions de la Convention citoyenne sur le climat étudié en conseil des ministres le 10 février, et qui doit être discuté au Parlement en mars. « En ce qui concerne le vélo, c’est simple : il n’y a rien à ce stade, ce qui est une aberration quand on connaît le potentiel vertueux qu’il possède en matière de lutte contre le changement climatique et d’adaptation aux nouvelles réalités du climat. Nous ne pouvons imaginer que l’on en reste là », commente Pierre Serne. « Concernant la place du vélo dans le plan de relance présenté par le gouvernement, là encore, nous avons quelques inquiétudes. Nous sommes passés en quelques mois dans le discours gouvernemental d’un montant plancher de 200 M€ pour le vélo à un montant plafond de 200 M€. Ce n’est évidemment pas du tout la même chose. Vous l’aurez compris, nous attendons des gestes forts et rassurants de la part de l’Etat et du législateur. »

Anne Jeantet-Leclerc