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Alstom se conforme aux sanctions envers la Russie et suspend son projet de locomotive en Ukraine

Avec une présence, sous une forme ou sous une autre, des deux côtés de la frontière russo-ukrainienne avant le déclenchement du conflit, Alstom « suit très attentivement la situation dramatique qui se déroule en ce moment en Ukraine », où l’industriel annonce donner la priorité à la sécurité de ses employés et de leurs familles en mettant sur pied une équipe dédiée. Alstom affiche également sa solidarité envers les populations touchées par le conflit, qui « se concrétisera principalement par le biais de la Fondation Alstom ».
Alstom « se conformera évidemment à toutes les sanctions et à toutes les lois applicables et a décidé de suspendre toute livraison vers la Russie ». Le groupe confirme également la suspension de tout investissement futur en Russie, où il détient une participation de 20 % dans les capitaux du constructeur Transmashholding (TMH). Alstom, qui avait pris ces derniers temps quelques distances avec le spécialiste russe du matériel roulant ferroviaire, précise que ce dernier « dessert principalement le marché local ». Et dans le contexte actuel, Alstom ajoute qu’il n’y a « aucun lien commercial ni opérationnel entre Alstom et TMH ».
C’était d’ailleurs sans participation de TMH, mais en tirant profit de dix ans d’expérience avec ce dernier sur le marché des trains à voie large de 1 520 mm, qu’Alstom travaillait jusqu’à ces derniers jours sur le développement d’une locomotive électrique fret pour les chemins de fer ukrainiens (UZ). Dans le cadre d’un accord intergouvernemental franco-ukrainien signé le 13 mai dernier, la livraison de 130 de ces locomotives était envisagée, pour un montant évalué à 880 millions d’euros, associée à leur maintenance. Alstom, qui a exprimé sa profonde solidarité avec les UZ, a annoncé le 9 mars que les discussions en cours sur ce projet « sont suspendues en raison du contexte ». Même si Alstom était prêt à localiser en Ukraine jusqu’à 35 % de la production et de la maintenance des 130 locomotives, cette décision ne sera pas sans répercussions sur les sites français associés au projet, dont Belfort, Ornans, Tarbes, Le Creusot et Villeurbanne. Le coup risque d’être particulièrement dur pour le site de Belfort, spécialisé dans la production de locomotives et auquel le marché ukrainien aurait garanti un plan de charge étalé sur plusieurs années.
P. L.