Ligne 12 du métro parisien : derniers préparatifs avant prolongement

Prolongement ligne 12 métro parisien
Bonne nouvelle pour les usagers du métro parisien! Le 31 mai prochain, la ligne 12, qui relie la mairie d’Issy (Hauts-de-Seine) à Aubervilliers « Front Populaire » (Seine-Saint-Denis) va être prolongée jusqu’à la mairie d’Aubervilliers, avec un arrêt intermédiaire à la station Aimé Césaire.
Ce prolongement aura pris quatre ans et demi de plus que prévu. En cause, plusieurs facteurs. D’abord, des retards dans les travaux préparatoires. « On est à plus de 80 % sous la voirie », explique Tony Mailly, chef du projet de prolongement de la ligne 12. Autrement dit, là où passent les réseaux d’assainissement, de gaz et de télécoms. Les déplacements de ces équipements auraient dû être assurés par leur opérateurs, mais face à leurs difficultés à s’accorder, la RATP a dû creuser elle-même la chaussée. Conséquence, l’ouverture a été repoussée à la fin 2019, au lieu de 2017 prévu initialement.
Puis, c’est la construction des stations qui a posé des problèmes. Le tunnel de 3,8 km avait déjà été percé en 2012, lors du premier prolongement de la ligne au-delà de Porte de la Chapelle jusqu’à Front Populaire. « Il est quasi intégralement à 20 mètres sous terre, et au deux-tiers dans l’eau d’une nappe phréatique », souligne Tony Mailly. « Les gares sont situées à 5 mètres au-dessus de cette nappe ». Si bien qu’en creusant les “boîtes gares“, l’eau s’est infiltrée. « L’étanchéité n’était pas sécurisée notamment à la jonction entre le tunnel et ces boîtes », poursuit le chef de projet. Pour remédier à ce problème, il a été procédé à la réfrigération des sols. Selon Tony Mailly, il s’agit « de geler le sol et d’en faire un glaçon à la saumure, mélange d’eau et de sel, à -20 °C ».
Le procédé a fonctionné pour deux des trois zones à traiter, mais pas pour la troisième. « Nous avons donc cherché une autre solution et utilisé de l’azote liquide pour réfrigérer le sol ». D’où un nouvel allongement du calendrier qui sera ensuite de nouveau remis en cause par la pandémie sanitaire.
Tout dernièrement, pour effectuer les derniers travaux de jonctions entre les voies notamment, le trafic a dû être interrompu du 23 au 27 avril entre les stations Jules-Joffrin et Front Populaire. Et depuis le 29 avril, les marches d’essais ont commencé sur tout le prolongement. Une fois les voyageurs débarqués à Front-Populaire, les conducteurs poursuivent le trajet en marche à blanc. Une manière d’éprouver l’infrastructure et de former les agents toute en continuant l’exploitation.
Yann Goubin