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Railcoop veut améliorer les performances énergétiques de ses rames

Les deux X72500 achetés par Railcoop sont à peine arrivés dans les ateliers d’ACCM pour y être expertisés que les deux partenaires annonçaient déjà leur volonté d’améliorer le bilan carbone de ce matériel. Un matériel de vingt ans, dont la conception est plus ancienne encore.
« On n’en est qu’au début de la réflexion », explique Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop, le 19 mai lors de l’événement marquant l’arrivée des deux rames dans l’entreprise de maintenance de matériel ferré ACCM, installée à Clermont-Ferrand. « La priorité c’est d’abord le diagnostic du matériel, à travers les deux premières rames. On a besoin de ces rames rapidement pour pouvoir exploiter un service voyageurs, attendu par nos sociétaires, mais on a aussi un objectif d’amélioration de leur performance énergétique ».
De son côté, Thierry Cézard, le directeur général d’ACCM explique que « c’est un projet de R&D qui va durer plus longtemps que la livraison de la première rame, probablement plusieurs années, et pour lequel Railcoop nous demande de suggérer des pistes de verdissement ». Et d’ajouter : « On pense spontanément aux moteurs diesels, mais le verdissement est long, cher… On peut aussi agir sur tous les équipements auxiliaires. Avant d’en arriver à la motorisation qui peut être un objectif ultime, il y a des pistes d’améliorations. Notre expérience nous l’a montré. Je pense à l’éclairage, à la climatisation, etc. ».
Pour Nicolas Debaisieux, ces rames sont en quelque sorte déjà « vertes » : « On a des études qui montrent que même avec ces rames diesels, compte tenu du nombre de voyageurs transporté, sur un Bordeaux-Lyon, c’est comme si on se déplaçait en Tesla électrique ! ».
Avant donc cette étape de verdissement, le premier diagnostic devrait être rendu en juillet. Il permettra d’évaluer plus précisément les travaux à effectuer pour la rénovation de niveau 5, dite de mi-vie. « On va démonter la rame, découvrir avec nos experts l’état exact de la situation, et proposer ce qui sera nécessaire de faire, et je dirais, ce qui sera suffisant, sans bien sûr rogner sur quoi que ce soit et notamment pas sur la sécurité, de manière à réécrire un cahier des charges pour le reste des rames », détaille le dirigeant d’ACCM.
Pour l’instant, Railcoop n’a formellement acquis que deux rames X72500, une tricaisse et une bicaisse. Celle-ci servira de magasin de pièces. « C’est une chance, en ces temps d’approvisionnement tendu, de disposer de cette rame supplémentaire », dit Thierry Cézard. Cela devrait permettre une remise en état plus rapide. « On l’espère pour la fin de l’année, mais ça dépend vraiment de l’état dans lequel les experts d’ACCM trouveront la première rame », précise Nicolas Debaisieux.
Railcoop aura besoin de « 8 rames tricaisses pour effectuer le service voyageurs Bordeaux-Lyon », précise Dominique Guerrée, le président du conseil d’administration de l’entreprise. Il faudra donc que la coopérative achète encore sept rames. « Nous devons encore boucler le financement. Les banques nous questionnent ; “N’êtes-vous pas trop optimistes sur les taux de remplissage ?“., indique-t-il. « Je rappelle juste que Ouigo en Espagne est à 95 % de taux de remplissage dès le démarrage, que Trenitalia est au-delà de 90 %. Ce qu’on constate c’est qu’il y a une envie d’avoir du train. On constate aussi que le prix des carburants augmente. Plus vite on aura ces rames, plus vite on va, à notre modeste niveau, apporter une réponse à des demandes des habitants des territoires qu’on va desservir ».
Yann Goubin