En Espagne, le torchon brûle entre Renfe et Talgo autour du train Avril

Rien ne va plus entre Renfe et Talgo. L’opérateur public comptait sur ses rames à grande vitesse S 106 pour son service d’été 2022. Aujourd’hui, il parle de pénalités et d’indemnités à l’égard du constructeur ferroviaire espagnol. Au terme d’un contrat d’un montant de 1,28 milliard d’euros, Talgo doit en effet fournir à Renfe 30 trains à grande vitesse et à forte capacité. Le fabricant l’avait emporté en juillet 2016 sur Alstom, CAF, Hitachi et Siemens, et il a baptisé ce train « Avril » pour (train à) grande vitesse à roue indépendante et léger. La première mise à disposition devait avoir lieu en janvier 2021, rappelle Renfe.

Les essais ont bien commencé (notamment entre Burgos et Valladolid jusqu’à 363 km/h), mais toutes les livraisons ne sont pas encore arrivées. Si bien que la compagnie ne peut avoir à ce jour la totalité de ces éléments dont 15 sont à écartement variable. Fâcheuse péripétie au moment où elle est prête à renouer avec tous ses services estivaux, en particulier pour les jours de grands départs. La Renfe comptait sur les Avril pour offrir plus de places et des dessertes plus rapides sur sa nouvelle ligne entre Madrid et la Galice (La Corogne, Saint-Jacques de Compostelle). Si l’industriel reste muet, le transporteur annonce « calculer de possibles pénalités » au vu des termes du contrat initial. En attendant, il doit bouleverser la ventilation de ses rames sur ses liaisons AVE.

Autre conséquence, les projets de Renfe sur le marché français sont affectés puisque ce sont justement des convois Avril que l’opérateur a prévus pour concourir sur les rails de l’Hexagone.

M. G.