La valse des présidents de SNCF Réseau

Siège sncf

Des présidents éphémères. C’est ce que montre l’histoire récente de SNCF Réseau qui a vu démissionner ou débarquer ses trois derniers présidents. Rappelons que c’est Claude Martinand qui devient en 1997 le premier président du gestionnaire des infrastructures ferroviaires, alors appelé Réseau Ferré de France (RFF). Il restera à sa tête jusqu’en 2002.

Jean-Pierre Duport, qui lui succède, sera brutalement débarqué en septembre 2005, au lendemain de la publication d’un audit sévère montrant une forte dégradation des infrastructures ferrées, entraînant une détérioration de la qualité service se traduisant notamment par des réductions de vitesse de circulation des trains… déjà!

Michel Boyon, ancien PDG de Radio France qui a aussi été directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, le remplace. Le nouveau président pas vraiment motivé par la fonction, sera nommé par la suite président du CSA. Il laisse sa place à Hubert du Mesnil, fin connaisseur des transports, qui reste jusqu’en 2012.

Son successeur, Jacques Rapoport ne fera pas long feu. Nommé en décembre 2012, il démissionne en janvier 2016 du gestionnaire des infrastructures devenu entretemps SNCF Réseau. Sa démission, officiellement pour des raisons d’âge, intervient alors que la SNCF traverse une période difficile, après l’accident de Brétigny le 12 juillet 2013, qui a fait 7 morts, puis le premier accident de TGV meurtrier de son histoire, le 14 novembre 2015, avec le déraillement d’un train d’essais en Alsace, dû à un freinage tardif et une vitesse excessive qui cause la mort de 11 morts.

Patrick Jeantet lui succède et, candidat malheureux à la présidence du groupe SNCF, démissionnera fin 2019 pour aller prendre -de façon éphémère là encore- la présidence du directoire de Keolis. C’est alors que le gouvernement fait appel à Luc Lallemand, un professionnel connu pour sa gestion et les gains de productivité qu’il a fait réaliser à Infrabel, l’équivalent belge de SNCF Réseau… avant de le débarquer, irrité par ce Belge finalement ingérable.

MH P