La Belgique veut aider le développement des trains de nuit

Nightjet à Bruxelles-Midi

La France, où la SNCF s’est associée il y a deux ans avec les ÖBB, la DB et les CFF pour relancer les trains de nuit à travers l’Europe, n’est pas le seul pays à miser sur le retour de ces relations qui permettent de parcourir un millier de kilomètres « en temps masqué ». La Belgique est également concernée par ce renouveau, et ce, depuis un peu plus longtemps, puisque c’est en janvier 2020 que les ÖBB ont lancé un Nightjet reliant Bruxelles et Liège à Vienne et Innsbruck. La Belgique est également concernée par les projets de réouverture annoncés il y a deux ans par les opérateurs historiques français, allemand, suisse et autrichien, parmi lesquels figure un train de nuit Bruxelles – Berlin, annoncé pour décembre 2023.

Mais d’autres projets de trains de nuit vers la Belgique rencontrent des difficultés, qu’elles soient financières ou technico-administratives, pour se concrétiser : côté nouveaux entrants en open access, RegioJet et European Sleeper ne peuvent pas encore relier Prague, Dresde et Berlin à Amsterdam et Bruxelles et côté relations conventionnées, aucun opérateur ne s’est porté volontaire pour le Malmö – Bruxelles qui aurait été subventionné par le gouvernement suédois.

Pour l’instant dans les limbes, ces deux projets, ainsi que des relations saisonnières vers la Méditerranée en été ou les Alpes en hiver, ont été cités par Georges Gilkinet, ministre belge de la Mobilité, pour présenter l’avant-projet de loi du gouvernement fédéral belge « portant soutien au transport de voyageurs par train de nuit ». Cet avant-projet a été transmis pour avis au Conseil d’État. « Je veux leur donner le signal qu’ils sont les bienvenus en Belgique. Et si cette première européenne est concluante, on peut espérer que d’autres États nous suivent », a déclaré le ministre.

Selon le gouvernement fédéral belge, « le régime de soutien inclus dans cet avant-projet soutient et encourage l’utilisation des trains de nuit en réduisant la redevance d’utilisation de l’infrastructure ferroviaire et des coûts de l’énergie pour les exploitants. C’est ainsi qu’il encourage ces derniers à développer leur activité depuis et vers notre pays, ainsi qu’à proposer des tarifs plus attractifs à leurs passagers ». Constatant que « l’offre internationale se développe encore trop lentement pour l’instant », Georges Gilkinet juge qu’il est « essentiel d’offrir ce soutien concret à tous les opérateurs européens actuels et futurs, pour les encourager à développer l’offre de trains de nuit et apporter une alternative solide au transport aérien ».

Par cette loi, qui serait une première européenne, le gouvernement fédéral belge souhaite également que son pays « joue un rôle moteur dans la volonté européenne de développer des liaisons ferroviaires internationales plus nombreuses et plus rapides entre les grandes villes d’Europe, avec l’ambition particulière de faire de Bruxelles un véritable pôle ferroviaire international ». Le ministre de la Mobilité marche ainsi dans les pas d’un autre Belge, Georges Nagelmackers, qui a développé un premier réseau de trains de nuit en Europe il y a exactement 150 ans !

P. L.