La SNCF dénonce un traitement de faveur au bénéfice de la Renfe

Rame Talgo S-112 en livrée Avlo, la future offre low cost de la Renfe.

Nouvel épisode de tension entre la SNCF et son homologue espagnol Renfe. Sa filiale Ouigo Espagne dénonce le traitement de faveur accordé par le gérant du rail espagnol, l’Adif, à la filiale grande vitesse low-cost de la Renfe, Avlo. Le gendarme de la concurrence espagnol donnerait raison au Français, selon le quotidien économique espagnol Expansión du 18 janvier.

Les opérateurs à bas prix Ouigo, Iryo et Avlo doivent lancer leurs TGV sur la ligne Madrid – Alicante avant l’été. Mais les deux premiers devront le faire depuis la gare de Chamartín, plus éloignée du centre de la capitale espagnole que la gare d’Atocha, d’où partent la plupart des trains à grande vitesse vers le reste du pays. La filiale de Renfe, cependant, est autorisée à opérer depuis la gare d’Atocha. Pour des raisons plus politiques que techniques, selon Expansión.

Ouigo souligne que la Commission nationale des marchés et de la concurrence [espagnole] reconnaît qu’il y a des risques de distorsion du marché”, assure l’entreprise dans les pages du quotidien économique. Mais cette plainte, bien que justifiée, serait surtout liée à la phase actuelle de tensions entre l’opérateur historique français et l’entreprise ferroviaire espagnole.

Depuis l’ouverture du chemin de fer espagnol à la concurrence, la SNCF est devenue le premier concurrent de Renfe, à travers sa filiale low-cost. De son côté, l’Espagnol accuse la SNCF d’entraver son déploiement sur le territoire français, avec des exigences que l’Espagne n’aurait pas imposées à Ouigo sur son sol. Il considère aussi que la rupture unilatérale par la partie française de leur coopération dans la société Elipso a porté préjudice à la partie espagnole.

Le traité d’amitié signé le 19 janvier à Barcelone entre la France et l’Espagne pourrait-il calmer le jeu ? Durant une rencontre avec son homologue espagnole Raquel Sánchez, le ministre délégué chargé des Transports en France, Clément Beaune, “s’est engagé à ce que les entreprises espagnoles et les fabricants de matériel navigant puissent faire homologuer leurs trains en France de façon simple”,  a assuré le ministère des Transports espagnol. Le ministre français s’est également engagé à ce que Renfe puisse opérer sur la section Lyon – Paris avant la fin de l’année.

Alban Elkaïm