Virage à 180 degrés ou simple embardée? Alors qu’elle avait voté, il y a un an, l’ouverture totale à la concurrence de ses TER à partir de 2026, la Bourgogne-Franche-Comté a décidé le 26 janvier de revoir son calendrier, poussée, explique-t-elle, par des retards pris par la SNCF. « D’une part, la SNCF nous signale que le centre de maintenance nécessaire aux Régiolis 6 caisses, qui desservent Paris-Dijon-Lyon et le nord de l’Yonne (Paris-Laroche-Migennes), ne sera pas opérationnel avant le 1er janvier 2027. D’autre part, les opérations à mi-vie prévues pour les AGC vont être repoussées car nous n’avons pas eu à temps, de la part de la SNCF, les éléments pour fixer les coûts financiers et la consistance des travaux. Nous passons donc du projet Rail 2026 au projet Rail 2027« , explique Michel Neugnot, le vice-président chargé des Mobilités au conseil régional.
« Ristourne » demandée à la SNCF
Craintes sur la distribution
La CFDT-Cheminots, qui avait assigné la région en justice car l’exécutif régional prétendait ne pas pouvoir renouveler de gré à gré une nouvelle convention avec la SNCF, s’est dite satisfaite de se voir donner raison. Pour le syndicat, c’est la région qui » a trop tardé pour passer les commandes nécessaires à la construction du nouvel atelier de maintenance pour l’entretien du nouveau matériel régional et pour la rénovation à mi-vie des automoteurs à grande capacité« . La fédération CFDT s’inquiète aussi de cette mise sous pression de la compagnie publique et « de ce que cela pourrait générer en termes de productivité ».
Elle pointe aussi la volonté de la région de « mettre un terme à la distribution par la SNCF à compter de 2029« . Les guichets risquent de disparaître progressivement dans les gares, en déduit-t-elle, s’inquiétant des « conséquences sociales« .
MH P
