L’Ecosse nationalise l’exploitation des trains de nuit avec Londres

Train de nuit Paris-Nice

Le 2 mars, le gouvernement écossais a annoncé que sa holding publique Scottish Rail Holdings (SRH) reprendrait à l’entreprise britannique de services Serco l’exploitation des trains de nuit Caledonian Sleeper le 25 juin prochain. Ces trains relient 43 gares écossaises à Londres, avec arrêts à Preston et Crewe, dans le nord-ouest de l’Angleterre, pour certaines dessertes, les autres marquant un arrêt à Carlisle, dans l’extrême nord de l’Angleterre, et à Watford, dans la grande banlieue londonienne.

La holding SRH a été mise en place par l’agence Transport Scotland dans le cadre du remplacement d’Abellio comme opérateur des trains de la franchise ScotRail. Ce dernier nom est, depuis le 1er avril 2022, celui porté par l’opérateur public des trains écossais, sous la supervision de SRH.

La transition entre Serco et SRH devrait se faire de la façon la moins perturbante possible pour les voyageurs : horaires, services et tarifs sont conservés, alors que les billets déjà achetés restent valables. Le personnel sera automatiquement transféré de l’ancien au nouvel opérateur et « Serco travaillera en étroite collaboration avec le gouvernement écossais pour assurer une transition en douceur et réussie des opérations et de la gestion de Caledonian Sleeper vers le nouvel organisme public ».

Cette deuxième nationalisation par le gouvernement écossais de l’exploitation de trains placés sous la responsabilité de son agence Transport Scotland intervient quelques années après la mise en service des nouveaux trains de nuit produits par CAF pour Caledonian Sleeper (dont le matériel remplacé en 2019 avait été livré entre 1975 et 1988, puis rénové autour de l’an 2000). Apparemment apprécié des usagers, le nouveau matériel semblait toutefois poser problème aux yeux des ministres écossais, de même que la qualité du service rendu, alors que les pertes du Caledonian Sleeper dues à la baisse de fréquentation pendant les vagues de covid étaient compensées par le gouvernement écossais. De bons prétextes pour ce dernier de prendre directement le contrôle des trains de nuit vers Londres, alors que le modèle des franchises est à bout de souffle, mais que le gouvernement britannique peine à mettre sur pied son remplaçant…

P. L.